Complexité Algorithmique - Kolmogorov
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<b>La notion de complexité définie par Kolmogorov</b>
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Reprenons d’abord l’exposé des travaux de Kolmogorov. C’est sans doute dans sa publication
de 1965 qu’il perçoit le mieux toute la richesse de la définition qu’il a choisie pour
mesurer quantitativement l’information. Le texte de sept pages qu’il fait paraître porte
pour titre “ Trois approches de la définition quantitative de l’information ”. Il commence
par décrire les deux premières, qu’il trouve “ communes ”, l’approche combinatoire et
l’approche probabiliste. Dans le premier cas, si une variable
<i>x</i>
prend ses valeurs dans un ensemble X contenant
<i>N</i>
éléments, on peut commencer par définir l’information par H(
<i>x</i>
) = log2
<i>N</i>
. C’est cette définition qui convient pour l’analyse de l’entropie associée à un texte,
une fois que l’on a défini des fréquences. Commentant plus tard cette approche
combinatoire, Kolmogorov montre que c’est ainsi que l’on peut lire la publication de
Hartley de 1928. On peut d’ailleurs retrouver la définition de Shannon suivant cette
approche, en s’appuyant sur le concept de fréquence, et l’intérêt ‘pédagogique’ de cette
démarche (souci constant dans l’śuvre du mathématicien) est de montrer qu’il est possible
de définir quantitativement l’information sans introduire les probabilités.
<u>fn 3 <ch9bft.htm></u>
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Dans le cas justement de l’approche probabiliste, il souligne le paradoxe selon lequel
l’information apportée par une variable sur une autre peut être négative et que
l’assimilation entre fréquences et probabilités n’est que rarement justifiable. Il conclut
ainsi au sujet de cette approche : “ Si quelque chose ne va pas ici, c’est que le problème
se situe dans le vague de nos idées sur les relations entre théorie mathématique des
probabilités et événements aléatoires réels en général. ”
<u>fn 4 <ch9bft.htm></u>
Pour calculer la quantité d’information contenue dans
<i>Guerre et paix</i>
, explique-t-il, on est dans la même insurmontable difficulté que lorsqu’on s’intéresse à
“ la question à la mode de la “quantité d’information héréditaire”. ” Kolmogorov se montre
en fait tout aussi réticent que Shannon quant aux applications de ces définitions
scientifiques de l’information qui ne respectent absolument pas les conditions du
formalisme mathématique qui les accompagnent (que l’on pense aux processus de Markov et
aux conditions d’ergodicité).
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C’est la troisième approche, l’approche “ algorithmique ” qui semble pour lui la plus
féconde et la plus novatrice. Un point essentiel est que l’information peut alors être
définie au niveau individuel, et non en référence à toute une collection de messages comme
dans la théorie probabiliste de Shannon qui repose, en définitive, sur la théorie de la
mesure. L’information apportée par une série de nombres sur une autre est mesurée à une
constante additive près en fonction de l’algorithme utilisé pour construire la seconde
série et Kolmogorov se rapporte sans plus d’explications aux “ méthodes universelles de
programmation ”. Si ces méthodes restent indéterminées, Kolmogorov définit tout de même la
complexité
<i>K</i>
(x)
<u>fn 5 <ch9bft.htm></u>
en fonction de la taille minimale d’un tel programme (il pose simplement que la
complexité est infinie lorsqu’un tel minimum n’existe pas) et estime ainsi qu’il est
possible selon cette approche de définir l’information apportée par un texte en tenant
compte de connaissances
<i>a priori</i>
sur le style de l’auteur, le contenu narratif etc., et qu’on peut imaginer parvenir “ en
principe à une définition correcte de la “quantité d’information héréditaire” ”, même s’il
reste sceptique sur ce dernier point.
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Là encore, à la fin de sa publication, Kolmogorov fait part de ses travaux en cours et
annonce en l’occurrence une étude à venir sur les relations entre la complexité nécessaire
du programme de cette machine universelle et la “ difficulté autorisée ”, ce qui suppose
par exemple de s’intéresser au temps dont un programme a besoin pour s’arrêter. Ne perdant
pas de vue une analyse plus générale de la notion de hasard, il affirme que l’approche
algorithmique permet non seulement de définir l’information indépendamment des
probabilités (comme dans l’approche combinatoire) mais aussi d’entrevoir un moyen de “
fournir une nouvelle base au calcul des probabilités ”.
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