La modélisation informatique.rm
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Longtemps le mot de modèle, du latin modus, la mesure, a désigné un objet que l’on
reproduit par imitation. Il y eut le modèle d’écriture. Il y eut la figure de terre ou de
cire. Il y eut les automates que d’Alembert chérissait, et dont le cinématographe, tel
qu’il est pensé chez Robert Bresson, métamorphosera l’allure en se chargeant de libérer
les hommes de leurs petites habitudes et répétitions. Il y eut les expériences sur les
maquettes, grâce auxquelles les ingénieurs constructeurs se rendaient compte des qualités
nautiques des bâtiments qu’ils construisaient. Avant de se transmuer en une nouvelle
imagerie, sortie de nos ordinateurs, le démon de l’analogie fut pendant plusieurs siècles
le compagnon des tailleurs, des bâtisseurs, voire des physiciens, tel Maxwell, attachés
aux modèles iconiques comme le peintre à son modèle. Celui-ci pour autant n’a pas
totalement disparu de nos images virtuelles. Les objets informatiques, à leur manière,
participent d’une exteriorisation de la matière et des corps, au même titre que certaines
de nos figures passées, ils sont un double de la réalité, une réplication virtuelle.
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Quelle histoire ! Car c’est en effet au XVIe siècle que le terme de modèle apparaît et
c’est vers les années 1960 que les modèles prirent progressivement toute leur place dans
la recherche scientifique et dans la méthodologie, pour aboutir aujourd’hui à la
simulation informatique laquelle a très tôt supplanté les différentes techniques
traditionnelles de modélisation. Mais avant cette époque fructueuse, la méthode des
modèles formels s’était déjà imposé à la biologie quantitative de la morphogenèse. Un
renouvellement général de la légitimation des formalismes en science de la vie avait déjà
vu le jour durant les années 1920-1950. Et après la vogue des objets formels, il fallut se
pencher à nouveau sur la culture matérielle des scientifiques, et notamment sur les
manières concrètes de construire, d’appliquer, de manipuler des modèles. Une conclusion
s’est alors imposée à certains de ceux qui avaient suivi cette longue histoire de la
modélisation et de la simulation. Avec le développement progressif et irrépressible de la
simulation par ordinateur, le modèle de l’analogie, en un sens celui de la représentation,
s’effondrait. Il pouvait y avoir des simulations sans modèle. La simulation ne renvoyait
plus à du déjà connu.
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Les poupées de cire, on les comprend, s’en effayèrent. Pour combien de temps ?
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Ce sera la question du jour…..
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