architectonique - Socrates
<p>La vertu-science</p>
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Selon l'opinion répandue chez les Grecs, la vertu était un don naturel ou divin, ou encore pouvait s'acquérir au moyen de l'exercice. Mais pour Socrate, la vertu est une connaissanceNote 42, c'est-à-dire que savoir ce qu'est la vertu est suffisant pour être vertueux et à l'inverse que pour être vertueux, il est nécessaire de savoir ce qu'est la vertuNote 43. Ce paradoxe est né de la comparaison avec les savoirs techniques, comme la médecine, l'architecture, etc. En effet pour Socrate, de même que l'étude de la médecine permet d'être médecin, savoir ce qu'est la vertu permet d'être vertueux : ce qui vaut pour la technique vaut aussi pour la politique ou l'éthique. Il existe cependant des différences entre le savoir technique et le savoir moral. Premièrement, une personne disposant d'un savoir technique peut décider de rater volontairement une action liée à ce savoir, alors qu'il est impossible d'être injuste si l'on sait ce qu'est la justice. Deuxièmement, le savoir moral est supérieur au savoir technique. Aussi sur le plan politique Socrate rejette l'idée d'une cité technocratique. Il est partisan d'une cité dans laquelle l'ensemble des activités seraient subordonnées à une connaissance architectonique, la connaissance du bien et du mal. Troisième différence, contrairement au savoir technique, Socrate a des doutes sur le fait que la vertu puisse être l'objet d'un enseignement54.</p>