Prime de risque
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<b>La prime de risque</b>
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Souvent utilisée par les professionnels, la prime de risque est un précieux indicateur
pour ceux qui gèrent activement leurs portefeuilles. Elle permet en effet de mesurer, à un
moment donné, l'intérêt d'investir dans des actions plutôt que dans des obligations ou
dans d'autres formes de placement. Si son mode de calcul est complexe, son interprétation
est relativement simple.
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DE QUOI S'AGIT-IL ? Pour une période consi-dérée, un gestionnaire de portefeuilles ou un
investisseur particulier a toujours la possibilité d'investir dans un placement sans
risque : bons du Trésor, sicav monétaires pour le court terme, emprunts d'Etat ou garantis
par l'Etat pour le moyen ou le long terme. Pour investir dans un placement risqué, comme
le sont les actions, il faut que le rendement espéré soit plus élevé pour compenser ou
rémunérer le risque encouru. Sur le marché obligataire, par exemple, le rendement des
obligations du secteur privé est, pour des titres à échéance identique, plus élevé que
celui des obligations assimilables du Trésor, qui sont, elles, garanties par l'Etat. Et,
dans la banque, on prêtera plus facilement et à un taux plus faible à ceux qui offrent les
meilleures garanties. Sur les marchés financiers, la prime de risque représente ainsi la
rémunération du risque encouru ou le supplément de rendement exigé par les investisseurs
pour assumer le risque de détenir des actions plutôt que des OAT.
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COMMENT LA CALCULER C'est là tout le problème. Un particulier, aussi expérimenté et fort
en maths soit-il, peut difficilement la calculer tout seul sur un coin de table. En effet,
la prime de risque du marché de Paris mesure l'écart entre la rentabilité anticipée des
actions françaises (ou d'un échantillon significatif de valeurs) et le taux d'intérêt sans
risque. Pour ce dernier paramètre, rien de plus simple : on retient généralement le
rendement, à l'instant « t », de l'OAT à dix ans (actuellement, elle offre un rendement
brut de 4,2 %). Mais, pour le second, les problèmes commencent, car il faut calculer,
valeur par valeur, la rentabilité attendue. En anticipant et en actualisant les dividendes
qui seront distribués à l'avenir par chaque société. Une fois ces résultats obtenus, il
faut les agréger pour ne retenir qu'un chiffre : la rentabilité attendue des actions. Si
ce chiffre s'établit, par exemple, à 9 la prime de risque du marché de Paris s'élèvera
donc à 4,8 (9 - 4,2). Bien entendu, la pertinence de la prime de risque repose, en grande
partie, sur la justesse des estimations de dividendes retenues par les établissements
financiers (voir encadré ci-contre).
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UN SIGNAL D'ACHAT OU DE VENTE Un chiffre en soi n'a pas une grande signification. C'est
son évolution et sa position dans le temps qui fournissent de précieux renseignements.
Dans une étude de CDC Marchés (groupe Caisse des dépôts), deux économistes, Alexandre
Lowden Macedo et Najib Sassenou, ont analysé la position de la prime de risque par rapport
à son niveau moyen historique (2,02 %) pour la période allant du 1er janvier 1992 à fin
juillet 1997 (voir encadré). Or les signaux d'achat ou de vente suggérés par la prime de
risque ont été corroborés par les performances ex post du SBF 250. Ce qui donne un certain
crédit à cet indicateur.
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Evolution de la prime de risque (du 1er janvier 1992 au 31 juillet 1997) Quatre périodes
se dégagent - Du 1.1.92 au 28.2.93 : la prime est inférieure à sa moyenne historique (2,02
%), ce qui suggère une surévaluation du marché. Les faits lui donnent raison. Le SBF 250
ne progresse pas sur la période (0 %), alors que la rentabilité cumulée de l'OAT à dix ans
est de 9 %. - Du 1.3.93 au 30.4.94 : la prime est au-dessus de sa moyenne, donnant un
signal d'achat (rentabilités ex post : 16 % pour le SBF 250, 8 % pour l'OAT). - Du 1.5.94
au 31.10.95 : la prime est au-dessous de sa moyenne, donnant un signal de vente
(rentabilités : 7 % pour le SBF 250, 12 % pour l'OAT). - Du 1.11.95 au 31.7.97 : la
prime est au-dessus de sa moyenne, ce qui suggère une sous-évaluation du marché
(rentabilités : 56 % pour le SBF 250, 10 % pour l'OAT). Source : CDC Marchés
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La méthode de CCF Elysées Bourse Chaque semaine, La VF publie dans la page « Tendance »
l'évolution de la prime de risque, telle qu'elle est calculée par la société de Bourse CCF
Elysées Bourse. La prime de risque est, bien entendu, égale à la différence entre le taux
de rendement attendu (TRA) du marché de Paris et le rendement des OAT à dix ans. Mais le
TRA retenu pour le marché correspond à la moyenne pondérée (par les capitalisations
boursières) des TRA observés d'un échantillon de 133 valeurs qui couvre environ 70 % de la
capitalisation de la Bourse de Paris. Et ces TRA sont obtenus à partir d'un modèle
d'actualisation des flux futurs de dividendes, qui s'inspire en grande partie du modèle de
Gordon-Shapiro. Après avoir effectué cette opération sur les 133 valeurs de l'échantillon,
le CCF peut donc calculer le TRA moyen pondéré du marché et prime de risque.
Pour prévoir les flux futurs de dividendes, chaque établissement a ses méthodes. Pour les
cinq premières années, les analystes de CCF Elysées Bourse estiment les bénéfices par
action (BNA) et les dividendes par action (DNA) au cas par cas. Pour la période allant de
+ 5 à + 15 ans, ils estiment un taux de croissance moyen des BNA et un taux de
distribution moyen. Et, pour la période allant de + 15 ans à l'infini, une hypothèse
commune est prise pour l'ensemble des valeurs, à savoir un taux de croissance des BNA de 6
% et un taux de distribution moyen de 42,5 %.
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