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La métaphore de la surface

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        Il note avec justesse la convergence d'un certain nombre d'idées pour constituer un esprit 
        de l'époque, qui valorise signes et symboles au dépens de l'image réaliste. Une démarche 
        qui nous l'avons vu s'installe dans la physique théorique.
      
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        " La métaphore de la surface, utilisée en tant qu'image et symbole, est symptomatique d'un 
        certain type de pensée qui, depuis le milieu du XIXe siècle, se fraye un chemin dans la 
        réflexion scientifique. On trouve également ce type d'image dans la philosophie orientale, 
        celle de l'Inde, en particulier, ainsi que chez les penseurs européens qui s'inspirent de 
        cette philosophie. La surface évoque le dépassement physique du corps, sa réduction au 
        concept non descriptif. Il s'agit d'une démarche cognitive qui se désintéresse de la 
        matérialité du corps pour se contenter d'un symbole plastique à deux dimensions. 
        L'apparence la plus synthétique du monde se trouve réduite à un signe quasi géométrique. 
        Pour reprendre les paroles de Gauguin, ce n'est plus la figure qui est l'objet de la 
        peinture, mais le "figuré". " 
      
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        On trouverait facilement des correspondances à cette attitude dans la nouvelle 
        catégorisation analytique à laquelle procèdent vers le milieu des années dix les 
        linguistes formalistes : ne sont-ils pas alors en train de différencier à ce même moment 
        le signifiant du signifié, la forme phonique ou graphique du mot de son sens ? La surface 
        en tant que raccourci conceptuel marquera la pensé du XXe siècle aussi bien dans l'art que 
        dans la science moléculaire et atomique. Ce concept d'une modernité dynamique par 
        excellence est promu à un avenir (informatique, communication par l'image) dont nous 
        sommes encore loin de mesurer l'impact sur notre système de perception, sur le mode de 
        fonctionnement de notre logique dont il a changé les fondements mêmes .
      
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        Se désintéresser de la matérialité du corps pour se contenter d'un symbole, se 
        désintéresser du signifiant pour privilégier le signifié, oublier l'éther pour 
        s'intéresser aux équations du champ, voilà une démarche commune aux peintres, aux 
        linguistes et aux physiciens en ce début du XXe siècle.
      
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