Eugène Gabritschevsky
<p class=default>
Un autre de ces
<b>éperdus</b>
, Eugène Gabritschevsky, scientifique passionné de génétique, a eu besoin d'outrepasser
les limites de la connaissance scientifique, d'établir un pont vers l'au-delà. Des
troubles mentaux diagnostiqués comme schizophrénie le conduisent en hôpital psychiatrique
pour cinquante ans. Mais il devient un peintre très doué, prouvant par ses productions
artistiques qui font démentir le diagnostic de schizophrénie qu'il n'y a pas de rupture
entre sa passion de scientifique et son art, que sa folie est celle d'un vivant curieux de
la vie dans son extrême variété et surtout dans ses mutations, folie qui le fait se
retirer dans la solitude extrême en proie à une énorme angoisse, et explorer au-delà des
limites scientifiques le fourmillement de mondes nouveaux, curieux comme dans les temps
précoces de la vie. Sa peinture témoigne de foules de mondes qui s'ouvrent à son
investigation, de myriades d'horizons, de créatures encore inachevées. Comme l'écrit Annie
Le Brun, Eugène Gabritschevsky nous apparaît dans l'obscurité de la vie s'ouvrant en
carrefours d'infinis. S'il avait été schizophrène, il aurait dû, dans cet asile
pschiatrique où il reste si longtemps, se dégrader peu à peu. Mais c'est le contraire. A
partir de ce retrait, de cette perte irrémédiable dans laquelle il se terre, et à travers
l'activité artistique, son état mental s'améliore. Il va au-delà de ce qu'il observe, de
ce qu'il imagine, de ce qu'il analyse, au-delà de la finitude scientifique, il s'intéresse
à l'image accidentelle et la peint. Il part de ce chaos générateur de forme, de
l'indétermination initiale de la tache à l'apparition d'une flore et d'une faune très
riche, en continuelle métamorphose, en mutation, de personnages instables, etc...
</p>
<p>
</p>