Le gène comme unité d'information codée
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Au début des années cinquante, la question de la nature chimique des gènes se double d'un
vocabulaire importé de la théorie de l'information. Les termes de code, de message, de
programme et bien d'autres sont lancés et prendront le devant de la scène à partir des
années soixante. La théorie de l'information débute en 1937 avec l'article de Claude
Shannon intitulé « Une analyse symbolique des relais et des commutations de circuits ».
Cet article établissait le lien entre les mathématiques binaires, la logique symbolique et
le fonctionnement des circuits électroniques. Il montrait que le calcul des propositions
pouvait être utilisé pour décrire le fonctionnement à deux états : oui/non, ouvert/fermé,
vrai/faux, zéro/un. L'idée d'information comme entité mesurable et manipulable apparaît
pour la première fois en technologie. Elle va s'épanouir en Angleterre et aux États-Unis
pendant les années quarante sous l'effet de la rencontre de mathématiciens (Wiener, Von
Neumann), de physiciens (Bush, Bigelow) et de physiologistes (Mac Culloch, Cannon,
Rosenblueth).
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On peut se demander si l'importation en biologie moléculaire du gène de termes issus de
sciences « étrangères » résulte d'un simple effet de mode lié au développement de la
théorie de l'information chez les ingénieurs, au développement de la théorie et de la
technologie des ordinateurs permettant de résoudre des problèmes d'automatisme (rappelons
que le terme « informatique » est créé en 1962 par la juxtaposition des mots « information
» et « automatique »). Dans ce cas, les termes de codage, message, programme ne seraient
que des métaphores imitatives (métaphore caméléon) tentant de recueillir le prestige d'une
science nouvelle en très grande expansion.
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Nous allons esquisser un rapide historique montrant que ces métaphores ont joué
initialement un rôle fécond et inventif (concepts heuristiques).
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