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Le système d'Auguste Comte ...

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        Notice: 4. Le système d'Auguste Comte.
      
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        par M. Daillie
      
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        De ce qui précède, on a pu déduire déjà que le but de Comte, c'est la réorganisation de la 
        société. et le moyen d'y parvenir, la réorganisation spirituelle. Il considère comme une « 
        niaiserie » la prétention de réformer directement les institutions. Or, dans le domaine de 
        l'intelligence règne l'anarchie; « relativement à toutes les maximes fondamentales, dont 
        la fixité est la première condition d'un véritable ordre social », des divergences 
        profondes séparent les esprits. Ces divergences tiennent à la coexistence de trois modes 
        de penser radicalement incompatibles: la philosophie théologique, qui explique 
        l'apparition des phénomènes par la volonté des dieux; la philosophie métaphysique, qui 
        substitue aux divinités des enti-tés, des abstractions; la philosophie positive qui, 
        renonçant à la recherche des causes transcendantes s'en tient à celle des lois des 
        phénomènes. Ces différentes philosophies correspondent d'ailleurs à trois états successifs 
        de l'intelli-gence humaine dans son développement; de même les diverses sciences ont passé 
        par ces trois états pour arriver plus ou moins vite, plus ou moins complètement à la 
        positivité. Le développement intellectuel de l'individu repro-duit celui de l'espèce : 
        certains ont atteint l'état positif alors que d'autres en sont encore à l'état 
        théologico-métaphysique. De là, l'anarchie spirituelle. Pour la faire disparaître il faut 
        achever d'abord le triomphe de l'esprit positif dans toutes les sciences, puis étendre la 
        méthode scientifique à l'étude des phénomènes sociaux, constituer la « physique sociale »; 
        mais la fondation de cette science, qui porte sur les faits les moins généraux et les plus 
        complexes, suppose la disposition des sciences en une hiérarchie nécessaire; il faudra en 
        parcourir toute l'échelle pour arriver à la science sociale, les autres sciences 
        apparaissant ainsi comme « d'indispensables préliminaires » à l'étude de cette dernière : 
        « car on ne peut étudier ces phénomènes complexes sans faire reposer leur étude sur celle 
        des plus simples ». On verra dans la deuxième leçon du Cours quelles sciences Comte fait 
        entrer dans sa « hiérarchie encyclopédique » et sur quel principe celle-ci repose. Il ne 
        cherche nullement la réduc-tion à une loi unique de l'ensemble des phénomènes; mais il 
        tend à ériger la sociologie en science universelle; elle absorbe toutes les autres et les 
        suppose toutes; c'est un centre autour duquel s'ordonnent les autres (Lévy-Bruhl). « Si 
        les lois de la sociologie pouvaient nous être assez connues, écrit Comte (Politique 
        Positive, II, 442), elles seules suffiraient pour remplacer toutes les autres, sauf les 
        difficultés de déduction. »
      
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        Le savoir humain étant ainsi devenu homogène, il est possible de prévoir une réforme de 
        l'éducation qui fera passer dans les esprits cette doctrine unique, condition nécessaire 
        de l'unité sociale.
      
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