L'abîme
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En nous transportant dans le virtuel, nous ne quittons pas réellement le réel. Il faut
donc le quitter imaginairement, il faut se jeter dans le vide. Le contraire "virtuel"
d'une position "réelle", c'est l'impression de son abolition, c'est le vertige de l'
<i>abîme</i>
.
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En allemand, l'abîme, c'est
<i>l'Abgrund</i>
, qui s'oppose au
<i>Grund</i>
, la
<i>base</i>
mais aussi la
<i>raison</i>
comme nous le rappelle Heidegger.
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Les mondes virtuels, s'ils doivent nous passionner, c'est à la condition de montrer qu'ils
peuvent nous donner le sens du vertige, l'émotion de l'abîme.
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La création de mondes virtuels capables de nous faire ressentir de nouvelles formes
"d'abîmes" serait la meilleure preuve de leur importance épistémologique et artistique.
Les vertiges virtuels seront peut-être un nouvel "opium" pour les assoiffés de fuite hors
du monde. Ils seront aussi la condition d'un regard plus acéré et plus assuré sur le réel.
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Car quiconque fut jamais pris de vertige, qui a "plongé au fond du gouffre", même en rêve,
ne peut que jeter à son retour, autour de lui, des regards aigus et tranquilles.
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