Le saint
Benoît mourut en odeur de sainteté dans son « Monasterium ad Indam », c’est-à-dire dans le « monastère près de la rivière Inda » (l'abbaye de Kornelimünster à Aix-la-Chapelle), le 11 février 821. Les moines de l'abbaye demandèrent alors au frère Ardon (Ardo Smaragdus), qui connaissait l'abbé depuis longtemps et qui était mieux placé que personne pour parler de lui, de devenir son hagiographe. Telle est l'origine de la Vita Benedicti abbatis Anianensis et Indensis, qui nous a été transmise à l'intérieur du Cartulaire d'Aniane (XIIe siècle). La rédaction prit une année ; Ardon se rendit à Aniane pour y recueillir des témoignages. Son récit bien informé nous est parvenu sous trois formes ou recensions : une longue , qui est le document toujours cité dans la présente notice ; une brève ; une composite. Il n'est pas exempt d'interpolations certaines ou probables : le texte a été remanié (quoique superficiellement) jusqu'au deuxième tiers du XIIe siècle, notamment pour ce qui concerne la charte d'immunité et dans le passage concernant le comte de Toulouse, Guillaume d'Aquitaine, et la fondation de l'abbaye de Gellone)