Morgengabe
les sociétés polygynes celtes (v.irl. coibche), germaniques (v.angl. weotuma) et slaves (pol. wiona) pratiquaient toutes au haut Moyen Âge le prix de la fiancée à côté de la dot. Les Irlandais échangeaient le plus souvent le prix de la fiancée contre une dot (tochur), ce qui égalisait les dotations et assurait le partage de la communauté patrimoniale lors d'une rupture. Quant aux Germains, le prix pour la fiancée se limitait aux cas du plein mariage, autrement dit, un mariage à une épouse principale. Pour les coépouses inférieures ou temporaires, chez certains peuples germaniques comme les Lombards, il était fréquent que le mari offre ce qu'on appelle un don du matin (lomb. morgincap, all. Morgengabe, néerl. morgengaaf) qui avait le caractère d'un pretium virginitatis, ce qui signifie que ce don n'était donné que si la jeune mariée était vierge avant la nuit de noces. Le don du matin était soit à la libre disposition de la femme, soit géré par l'homme durant sa vie. Au décès du mari, la veuve disposait du don du matin en tant que gain de survie à une époque où très peu de gens prévoyaient de gain de survie au conjoint survivant. Dans le sud de l'Italie, le don du matin, introduit par les conquérants lombards à partir du VIe siècle, existait toujours au milieu du XIe siècle. D'autres sociétés ont aussi connu un tel don, par exemple les Gallois (cowyll).