Abbaye de Sixt
Histoire
Un prieuré est fondé par des chanoines réguliers de saint Augustin issus de l'abbaye d'Abondance à une date inconnue, mais antérieure à 1144, date à laquelle le prieuré est érigé en abbaye. Ils s'établissent sur des terres concédées par Aymon Ier, sire de Faucigny. Leur premier abbé se nomme Ponce. Contrairement à ce qu'affirme la vie légendaire de Ponce de Sixt rédigée par le chanoine Jean Depassier et publiée en 1666, rien ne prouve que Ponce soit issu de la famille de Faucigny. En février 1156, le pape Adrien IV confirme les possessions et les droits de l'abbaye de Sixt. En 1161, un différend est réglé entre les chanoines de Sixt et ceux d'Abondance grâce à la médiation de plusieurs prélats et chevaliers de Savoie et du Faucigny. En 1167, Arducius de Faucigny, évêque de Genève, confirme la donation à l'abbaye de la paroisse de Samoëns. L'acte est rédigé à l'abbaye de Sixt. Avant son décès vers 11663, Aymon Ier s'était fait chanoine de l'abbaye. Il y est peut-être enterré.
Cette abbaye primitive est conservée en fondations et a été reconnue lors des opérations archéologiques. Autour d'un cloître roman décoré de nombreux chapiteaux décorés s'organisaient au moins deux bâtiments: l'église et l'aile sud5. L'aile sud mesurait 26 m de longueur pour 8,5 m de largeur. Le rez-de-chaussée accueillait probablement un réfectoire et une cuisine, et le premier étage un dortoir, comme dans une abbaye bénédictine. L'église romane a été reconstruite aux périodes suivantes et demeure inconnue.
Le XIIIe
L'abbaye s'enrichit et s'agrandit au cours du XIIIe. En 1200, l'abbé Almaric obtient de Guillaume de Faucigny la juridiction sur les habitants de la vallée de Sixt, privilèges confirmés en 1234 et 1318. En février 1204, le pape Innocent III confirme par une bulle papale à l'abbé Amalric les possessions et les biens de l'abbaye. Le même mois, le pape écrit à l'évêque de Genève Nantelme à propos de contestations qu'il avait élevé à propos de l'église paroissiale de Samoëns. L'abbé doit encore gérer des conflits nés des donations effectuées au siècle précédent par Turembert de LucingesR. Aymon II de Faucigny confirme à plusieurs reprises les donations faites aux chanoines réguliers par ses vassaux et ses ancêtres et en fait lui-même.
L'église est reconstruite au moins partiellement au XIIIe par l'ajout d'un chœur gothique dont le chevet plat est pourvu d'un triplet. Une aile orientale, retrouvée en fouilles, comprenait au rez-de-chaussée une salle capitulaire largement ouverte sur la galerie est du cloître.
De 1282 jusqu'en 1292, l'église accueille la dépouille de l'héritier du Viennois, fils de Béatrice de Faucigny, la Grande Dauphine, en attendant la fin de la construction de la chartreuse de Mélan. D'autres membres de l'aristocratie du Faucigny se font enterrer à Sixt.
Le Bas Moyen Âge
En 1411, l'évêque de Genève Jean V de Bertrand visite l'abbaye de Sixt et constate que la vie régulière n'est plus observée et que les bâtiments nécessitent d'urgentes réparations. En 1418, les chanoines et l'abbé albergent l'alpage de Sales pour "l'introge considérable" de 400 florins d'or afin de financer ces réparations. L'enceinte est reconstruite et munie d'une tour d'angle à proximité de l'entrée principale de l'abbaye. Dans l'église, une chapelle latérale sud est construite à l'emplacement de la salle du chapitre qui est réduite en longueur