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Régle de saint Benoît

La règle de saint Benoît est une règle monastique écrite par Benoît de Nursie pour donner un cadre à la vie cénobitique de ses disciples. Rédigée peut-être entre 530 et 556, elle établit un mode de vie monastique (organisation de la liturgie, du travail, des repas et de la détente entre autres) qui provient de son expérience d'abbé à Subiaco, puis au Mont Cassin. Ce qui la caractérise le plus est sa discrétion, c'est-à-dire son équilibre, sa souplesse, son souci de ne pas faire peser sur les disciples un joug trop contraignant.

Vers 529, Benoît fonde une communauté de moines sur le Mont Cassin en Italie. Au cours des siècles qui suivent, la Règle qu'il a écrite pour ses moines est progressivement adoptée par un nombre croissant de monastères en Occident. Au-delà de sa grande influence religieuse, elle a une grande importance dans la formation de la société médiévale, grâce aux idées qu'elle propose : une constitution écrite, le contrôle de l'autorité par la loi et l'élection du détenteur de cette autorité, Benoît ayant voulu que l'abbé soit choisi par ses frèresrsb 1. Actuellement[Quand ?], plusieurs milliers de moines et moniales à travers le monde vivent selon la règle de saint Benoît.

Succès de la règle de saint Benoît

À sa mort en 547, Benoît laisse à la postérité une communauté : le monastère du Mont-Cassin, et sa règle. Mais le monastère est détruit par les Lombards et abandonné par ses moines en 589. La règle, déjà copiée et diffusée, n'est cependant pas perdue. Peu après, le pape Grégoire le Grand donne une publicité décisive de Benoît et de son œuvre en lui consacrant tout le Livre II des Dialogues, compilation de vies de saints, parmi lesquels Benoît de Nursie occupe une place primordiale en tant que patriarche des moines d'Occident.

La règle de saint Benoît se diffuse dès lors dans toute la partie chrétienne de l'Europe occidentale. Jusqu'à cette époque en effet, il n'y a pas réellement de règle monastique commune à un grand nombre d'abbayes, et chaque abbé dirige la communauté de moines selon sa volonté. À la fin du VIe siècle, le pape Grégoire le Grand envoie un bénédictin ré-évangéliser l'Angleterre : c'est le futur Augustin de Cantorbéry. La règle de Benoît est signalée en Gaule dès 625. Son succès s'explique par le fait que, en comparaison d'autres règles monastiques existant à l'époque, celle de Benoît fait preuve d'équilibre humain et de modération ascétique : si l'office divin prend une place importante, il n'est pas exagérément lourd, et elle ne comporte pas de pénitences extraordinaires comme celle de saint Colomban.

Généralisation de la règle de saint Benoît

Au IXe siècle la règle de Benoît prend une importance décisive. L'empereur Louis le Pieux décide, avec le conseil de l'abbé bénédictin Benoît d'Aniane, de l'imposer à tous les monastères de l'Empire, c'est-à-dire pratiquement à tous les monastères d'Europe occidentale. Le synode d'Aix-la-Chapelle, en 817, entérine cette décision. Jusqu'au XIe siècle, les moines d'Occident seront tous bénédictins.

Au cours des siècles suivants, de nombreuses fondations et réformes, qui sont autant de retours à la règle de Benoît, témoignent de la pertinence de ce style de vie et de la vitalité des fils spirituels de Benoît. En 910, la Bourgogne voit surgir une des plus célèbres abbayes bénédictines, qui donne naissance à l'ordre du même nom : Cluny est l'un des grands symboles et phare de la vie bénédictine. En 1098, encore en Bourgogne, Cîteaux naît du désir de quelques moines bénédictins de l'abbaye de Molesme de « suivre, plus fidèlement et de façon plus parfaite, la règle du très saint Benoît ». L'ordre cistercien naissant verra la fondation de plusieurs centaines de monastères de moines et de moniales dans toute l'Europe. Ce sont aussi les ordres de Camaldoli (1012), celui de Vallombreuse (1039), l'ordre du Mont-Olivet (1313) ;

Ordres monastiques vivant sous la règle de saint Benoît

Ordre de Saint-Benoît ou des Bénédictins : créé en 529

Ordre de Cluny ou clunisien : créé en 909 ou 910, supprimé en 1790

Ordre camaldule ou des Camaldules : créé en 1024

Ordre cistercien : créé en 1098

Ordre des Célestins : créé en 1248, supprimé en 1778

Ordre du Mont-Olivet ou congrégation bénédictine de Notre-Dame du Mont-Olivet : créé en 1313