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Maison de Lévis

La maison de Lévis, plus connue sous le nom de Lévis-Mirepoix, est une famille subsistante de la noblesse française, originaire du village de Lévis (actuellement Lévis-Saint-Nom dans les Yvelines), connue depuis le XIIe siècle comme vassale des seigneurs de Montfort-l'Amaury. Après l'attribution de la seigneurie de Mirepoix par Simon de Montfort à Guy Ier de Lévis-Mirepoix à la suite de sa participation à la croisade des albigeois au XIIIe siècle, elle est devenue une puissante famille de seigneurs languedociens. Cette famille compta jusqu'à onze branches, dont six ont accédé à la dignité ducale sous l'Ancien Régime. Dix d'entre elles sont aujourd'hui éteintes, dont toutes les branches ducales. Seule subsiste la branche de Léran, qui a repris le nom de Lévis-Mirepoix.

Légendes

Comme la plupart des grandes maisons d'Ile-de-France, les Lévis faisaient remonter leurs origines mythiques jusqu'à un compagnon de Clovis. Ils rivalisaient avec les Montmorency pour l'honneur d'avoir eu leur ancêtre baptisé par Saint Rémi juste après Clovis, d'où la devise : « Dieu aide au second chrétien Lévis » (avec la rime Clovis-Lévis).

Ils se prétendaient aussi – par homophonie avec la tribu juive de Lévy – apparentés à la Vierge Marie, et certains n'hésitaient pas à modifier la prière catholique bien connue : « Je vous salue Marie, ma cousine, pleine de grâces… »

Un proverbe du Languedoc disait, sans rapport avec la réalité historique, ceci :

« Les Hunauds, les Lévis et les Rigaud

Ont chassé les Visigots ;

Les Lévis, les Rigaud, les Voisins

Ont chassé les Sarrazins. »

Origine

Le premier seigneur de Lévis attesté avec certitude est Philippe Ier (v. 1150-1204), seigneur de Lévis (Saint-Nom), et père de Guy Ier de Lévis, seigneur de Mirepoix. Ses ancêtres ne sont pas connus. On n'en trouve pas la trace avant l'année 1179.

La terre de Lévis est située dans le ressort de la ville et châtellenie de Chevreuse. La terre de Chevreuse étant elle-même un arrière-fief du comté de Montfort-l'Amaury, il y a peut-être parenté entre Amaury II de Montfort, vivant en 1028, et Milon de Chevreuse, vivant en 1029. On remarque dans ces trois maisons de Montfort-l'Amaury, de Chevreuse, et de Lévis, l'adoption contemporaine et suivie des prénoms Gui, Simon et Philippe.

Une autre hypothèse a été émise, mais elle est erronée.

Histoire

Le second fils de Philippe Ier, Guy Ier de Lévis (v. 1180-1233), s'illustra lors de la croisade des albigeois. Il fut le lieutenant de son suzerain, Simon de Montfort, dont il reçut le fief de Mirepoix. La donation ne fut définitive qu'après la ratification du Traité de Paris de 1229.

Les Lévis prirent le titre de « maréchal d'Albigeois » ou « maréchal de Mirepoix », qui se transforma, à la fin du XVe siècle, en maréchal de la Foi, ce titre étant héréditaire. La terre du maréchal, qui échut aux Lévis, fut conservée par la famille pendant 563 ans.

La cité de Mirepoix (actuel département de l'Ariège) en était le centre, qu’ils firent ériger en évêché par le pape Jean XXII en 1317.

Cette terre fut érigée en marquisat au XVIIe siècle. Les Lévis furent sénéchaux de Carcassonne de père en fils durant deux siècles (XVIIe et XVIIIe siècles)

La Maison de Lévis fut admise quinze fois aux Honneurs de la Cour au XVIIIe siècle. Le généalogiste des ordres du Roi Bernard Chérin a pu écrire à son sujet : "La Maison de Lévis réunit tous les caractères de la haute noblesse".

De cette maison, sont issues plusieurs branches :

Les Lévis Mirepoix, duc de Mirepoix en 1751, éteints en 1757 au décès du maréchal duc de Mirepoix, prolongés par la branche des seigneurs de Gaudiès, éteinte en 1870. En 1757, le maréchal duc de Mirepoix laisse ses biens non à la branche de Gaudiès, mais à la branche de Léran, qui relève le nom de Mirepoix ;

les Lévis-Léran, issus de la branche de Mirepoix au XIVe siècle. Cette branche hérite par testament en 1757 des biens du maréchal duc de Mirepoix et relève alors le nom de Mirepoix. Au XIXe siècle, elle hérite par mariage du titre espagnol de duc de San Fernando Luis ; dont descendance subsistante au XXIe siècle ;

Les Lévis-Ajac, issus de la branche de Léran au XVIIe siècle. Membre de cette branche, François Gaston de Lévis obtient par échange avec le roi, contre Vélizy, la terre d'Avesnes-le-Comte, érigée en duché en 1784, il porte alors le titre de duc de Lévis ; branche éteinte au décès du duc de Lévis, en 1863 ;

les seigneurs de Montbrun et de Pennes ;

les vicomtes de Lautrec, comtes de Villars8, seigneurs de La Roche dans le Velay, issus au XIVe siècle de la branche de Mirepoix et éteints au XVe siècle ;

les barons de La Voulte (par mariage avec Antoinette d'Anduze), marquis d'Annonay, comtes puis ducs de Ventadour (terre limousine de Ventadour venue par mariage, puis érigée en duché par lettres patentes en 1578 ; les ducs de Ventadour sont faits pairs de France par lettres patentes en 15899 ; d'où le nom du château « de Ventadour » à Meyras, dont ils sont aussi maîtres), branche issue au XVe siècle de celle de Lautrec et éteinte en ligne masculine en 1717 par le décès de Louis Charles de Lévis, 5e duc de Ventadour ;

les comtes de Charlus, issus au XVe siècle de la branche de Ventadour, devenus ducs de Lévis en 1723 et éteints en 1734 à la mort de Charles Eugène duc de Lévis Charlus ;

la branche des marquis de Châteaumorand, issue au XVIIe siècle de celle des comtes de Charlus, et éteinte en 1751 ;

la branche des seigneurs de Lévis et de Florensac, issue au XIVe siècle de celle des vicomtes de Lautrec et éteinte en 1462 ;

la branche des seigneurs de Couzan et de Lugny, par alliance avec les Damas, issue au XVe siècle de celle de Florensac et éteinte en 1808 ;

les barons et comtes de Caylus (titre comtal en 1574) ; issue au XVe siècle de celle de Couzan, Jacques de Lévis de Caylus, ci-dessous, branche éteinte en 1643