Chartreuse des Écouges
Fondation du monastère
Reynaud de Lans et son frère le chanoine Guigues offrirent les terres des Écouges au monastère de Sainte-Croix-de-Quint en 1104. L'acte de cession indique que ce lieu était déjà occupé et voué à la Vierge Marie.
En 1116, soit trente-deux ans après la Grande Chartreuse, le monastère de Sainte-Croix, desservi par les chanoines réguliers de l’Abbaye Saint-Ruf de Valence offrit le site des Écouges à « des frères ermites », sous l'autorité de l'évêque de Grenoble, l'acte de mentionnant pas la nom de l'ordre concerné. Pourtant, selon Patrick Ollivier-Elliot, c'est durant cette même année que ces frères ermites demandèrent à être rattachés à l'ordre religieux contemplatif à vœux solennels, de type semi-érémitique des Chartreux. Le monastère de la Grande Chartreuse, situé dans le massif de la Chartreuse envoya dès lors quelques moines de l'ordre, mené par Dom Soffred, premier prieur, rejoindre l'établissement des Écouges.
En 1139, Dom Sofred fait consacrer l'autel de cette nouvelle chartreuse à la Vierge Marie et à saint Jean-Baptiste en présence de trois mille personnes, chiffre considérable quand on connaît le lieu, dont Hugues II, évêque de Grenoble et Ulric, évêque de Die.
Le monastère proprement dit dénommé « Maison Haute » fut installé, dès cette époque sur un replat dominant la Drevenne. Le lieu comprenait une église, un cloître et ses cellules monacales se présentant sous la forme de petites maisons avec leur jardinet selon les règles de l'organisation cartusienne. La « Maison Basse », également dénommée correrie dans la dénomination cartusienne était logiquement située en contrebas des lieux où s'imposait le silence, à plus de 750 mètres.
Tentatives d'extension
Au tournant du XIIe siècle, les chartreux obtiennent le droit de conduire en hiver leurs troupeaux jusqu'à la paroisse de Sérézin-de-la-Tour Cependant, le domaine alloué au monastère étant assez réduit, les moines tentèrent d'étendre celui-ci, notamment vers Rencurel, situé plus au sud, mais ils se heurtèrent à une forte opposition, notamment des paysans et du seigneur des lieux. En 1193, à l'occasion de représailles, la grange de Touron, appartenant à l'ordre monastique et située entre les Écouges et le bourg de Rencurel fut brûlée.
Malgré cet incident, les chartreux continuèrent leur extension territoriale au cours du XIIIe siècle, notamment dans le secteur de la forêt des Coulmes et de Malleval-en-Vercors. C'est à cette même époque que les climatologues estiment le début du petit âge glaciaire ; une certaine rigueur du climat se fait donc ressentir plus nettement dans ce monastère situé en altitude et soumis à des vents du nord-ouest froids et humides dénommés dans le massif sous le terme de traverses. De plus, le sol de nature molassique de combe de la Drevenne, située au-delà du col de Romeyère entretient l'humidité. La vie commence donc à devenir de plus en plus difficile pour les religieux pères et frères.
Abandon du site par les chartreux
En 1294, par la voix du prieur Guido, les pères demandent, au chapitre général, une première fois à quitter la vallée (pour le site de Revesty, appartenant au prieuré et situé en la paroisse de Saint-Joseph-de-la-Rivière), en raison de chutes de neige abondantes. La Grande Chartreuse autorise l'abandon des Écouges, mais le monastère n'est définitivement abandonné qu'en 1391 et la communauté se disperse sur d'autres sites. La grange de Revesty est à la même époque transformée en prieuré, en latin : Domus Revesti, avec une église, mais avec un nombre limité de moines. La maison continue de péricliter