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Les Coquillards

Brigands du XVe siècle

L'essoufflement de la guerre de Cent Ans à partir du traité d'Arras (1435) qui met fin au parti bourguignon, puis la trêve de 1444, ainsi que la formation d'un embryon d'armée de métier, jettent progressivement sur les routes des dizaines de milliers de mercenaires désœuvrés. Ne connaissant que la guerre, ils subsistent en mettant à sac les provinces françaises, parfois sous forme de grandes compagnies.

Si bon nombre d'entre eux finissent par retourner dans leur pays d'origine (30 000 sont renvoyés par le roi en Suisse et en Alsace après la trêve de 1444), d'autres s'organisent en bandes et se livrent à toutes sortes d'activités criminelles (vol, faux-monnayage, triche organisée, prostitution et proxénétisme...). Ils sont alors rejoints par des miséreux souvent issus de milieux artisanaux, estudiantins (PassetoutGrain, ...) voire monastiques.

Quelques spécialistes ont suggéré que certains membres de la bande de la Coquille provenaient des débris des troupes de mercenaires, mais les pièces du procès nous présentent avant tout, parmi les Coquillards, certains habitants de Dijon, certains ressortissants de métiers divers et certains « mauvais garçons » comme le clerc parisien (?-1457) dont le nom est mentionné dans deux vers du Lais de Villon (sans que l’on sache exactement quels rapports il y eut entre les deux hommes) et dont le supplice par pendaison est évoqué dans une ballade du Jargon et Jobellin dudit Villon, mais qui n'a pas pu faire partie des mercenaires licenciés. L’affirmation selon laquelle le poète et Colin de Cayeux (?-1460), son complice dans le vol au collège de Navarre en 1456, auraient appartenu à cette bande relève d’extrapolations présentement invérifiables; en tout cas, leurs noms n'apparaissent pas dans les listes de Coquillards mis en cause dans les pièces du procès