Saint Gonnery
Étymologie et traduction
En français, il est principalement orthographié Saint Gonerry, Saint Gonnery ou Saint Gonéri.
En breton, il se nomme Sant Goneri, en celtique Cawen, en irlandais Konrix, chez les orthodoxes Koneri. On trouve aussi, dans des manuscrits anciens les orthographes Gonec et Gonnere.
Biographie
D'après Frère Albert le Grand en 1637, repris par Dom Lobineau en 1725, la vie de Saint Gennery se serait déroulée comme suit.
Au VIe siècle, natif d'Irlande et de « naissance distinguée », il débarque en Bretagne non loin de Vannes, probablement avec sa mère, Sainte Eliboubane. Il installe son oratoire à Rohan, dans la forêt mythique de Brocéliande où il célèbre la messe quotidiennement. Un jour, perdu dans ses oraisons, il ne remarque pas le propriétaire des lieux, Alvandus, seigneur de Noyal, venu le saluer. Vexé, ce dernier interroge son sénéchal : « qui est celuy qui, sans non congé, demeure sur mes terres ? » Le sénéchal lui répond « c'estoit un bon prêtre estranger qui avoit tout quitté pour l'Amour de Dieu ». Non satisfait de la réponse, Alvandus ordonne à ses valets et palefreniers de lui amener l'homme. La canaille bat le prêtre tandis que le seigneur regagne son château. Le sénéchal intervient pour arrêter la bastonnade, mais Gonnery reste inerte sur le sol. Le sénéchal le relève tandis que celui-ci réclame déjà à Dieu leur pardon. Dieu ne l'entend pas ainsi et rend les serviteurs sourds et aveugles. Informé de l'événement et terrorisé, Alvandus accourt se jeter à ses pieds. Gonnery pardonne et rend l'ouïe et la vue à ses agresseurs. Alvandus lui propose des richesses mais celui-ci lui fait comprendre qu'il préfère la richesse de Dieu. Le seigneur des lieux se fait catéchiser et vient écouter la messe chaque jour. Ces miracles attirent bon nombre de paysans et pêcheurs, et même des gens des villes qui se font évangéliser.
On lui demande de célébrer un mariage. Pour cela, il aménage des rochers en chapelle (peut-être un dolmen). Durant la cérémonie, l'esprit du mal fend un rocher en deux afin d'écraser tous les participants, mais d'un geste de Gonnery, celui-ci reste en l'air. Sa trop grande popularité finit par l'ennuyer et, fatigué, il part pour le Tréguan, dans la paroisse de Plougrescant où il fait construire la chapelle dans laquelle il sera enterré.
Il reprend ensuite sa vie de solitude et de travail manuel en élevant des moutons à Porz Bugale. Il s'installe quelques années dans un bois de Plougras (Koad Goneri et Feunteun Sant Goneri) avant de repartir à nouveau pour les environs de Lanvellec.