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Miracles de Nostre Dame

Les Miracles de Nostre Dame ou miracles de la sainte Vierge sont un recueil de récits de miracles dramatiques autour de la Vierge Marie rédigés par Gautier de Coinci (1177-1236).

Ces récits, souvent inspirés de modèles latins, inspireront à leur tour nombre d'auteurs, dont ceux de miracles dramatiques, comme Le Miracle de Théophile de Rutebeuf, ou ceux de chansons mariales, comme les Cantigas de Santa Maria, attribuées à Alphonse X le Sage (roi de Castille et de León au xiiie siècle).

Les Miracles de Nostre Dame de Gautier de Coinci, en 30 000 vers octosyllabes à rimes plates, ont été écrits entre 1218 et 1233 ; ce sont des récits de miracles avec le même schéma narratif : le héros se distingue par sa vénération pour la Vierge Marie ; il succombe au péché, mais finit par se repentir et sa dévotion à Marie lui assure le salut. Le poème a été copié et enluminé dans de nombreux manuscrits (48 en sont aujourd’hui conservés, en tout quatre-vingt-quatre manuscrits ont été recensés.

Environnement

Les récits des Miracles de la Vierge ont fait l'objet de nombreuses rédactions. L’histoire des récits de ces miracles commence, en langue latine, à la fin du xie siècle ; elle connut sa pleine expansion en langues romanes au xiiie siècle, elle est presque totalement délaissée dès le milieu du xive siècle. Le miracle marial a inspiré auteurs latins et vernaculaires, du domaine anglo-normand aux terres d’Empire en passant par les péninsules ibérique et italienne.

Des récits partiels ont précédé le récit marial. Ainsi Sigebert de Gembloux, polygraphe né vers 1030 et mort en 1112, est l’auteur d’une chronique universelle qui couvre les années 381 à 1111. Pour l’année 537, Sigebert rapporte l’histoire de Théophile, qui est partie intégrante du récit marial. Le récit original du pacte passé par Théophile avec le diable serait3 l’œuvre d'un disciple de Théophile lui-même, Eutychianus.

De même, Paschase Radbert cite le miracle de Juitel de Grégoire de Tours. Radbod II, évêque de Noyon et Tournai de 1068 à 1098, rapporte l’histoire de la fileuse blessée à la langue.

Une cause évidente du succès de l’invention de ce type de récit est l’expansion du culte marial, attribuée souvent aux cisterciens (et parmi eux à Bernard de Clairvaux). Un christianisme plus attentif à Marie se traduit aussi sur le plan architectural. Ainsi, trente-quatre des quelque quatre-vingts cathédrales gothiques construite à l'époque sont dédiées à Marie. La figure de Marie, à la fois sainte et femme, propose un équilibre entre la contemplation de la perfection et la pratique d’une sainteté accessible à des hommes marqués par la faute originelle.

Une certaine émulation semble d'ailleurs s'être installée entre les divers archevêchés, comme celui de Soissons possédant le saint soulier, ou celui de Laon et d'autres encore ; il s'agit d'attirer les croyants et plus encore les pèlerins, source de revenus.

Les miracles

Dans le récit de Gautier de Coinci, tel que transcrit par l'abbé Poquet4 à partir du manuscrit BnF NAF 24541, le contenu du manuscrit se divise en deux livres plus ou moins symétriques. Tous deux commencent par un prologue suivi de sept chansons. Suivent les miracles, en tout cinquante-huit miracles. Au premier livre, sont ajoutés trois poèmes en l’honneur de sainte Léocade, et au second livre des saluts de Notre Dame, avec leur prologue, une chanson et quatre prières. Victor Koenig a transcrit la version BnF Français 22928 qui est différente.

Le livre I contient, après les divers prologues, les miracles suivants, d'après les légendes des images dans la base Mandragore

8v : Théophile.

21 : Vision de saint Ildefonse.

29v : L'homme pieux accusé d'hypocrisie.

35 : Un enfant juif sauvé du brasier.

36 : Le juif jette l'image de la Vierge dans une chambre fermée

37 : Le prêtre simple.

37v : Le clerc de Chartres.

38v : Le moine ivre.

39v : Le clerc malade.

41 : La mère incestueuse.

45v : Le diacre et le riche.

49 : L'abbesse grosse.

51v : L'enfant à l'anneau.

52v : L'enfant voué à Satan.

55v : Les cinq psaumes transformés en roses sur la bouche d’un moine après sa mort.

56 : Le moine de Cologne.

57v : Girart se tuant sur la route de Saint-Jacques.

59 : La moniale tentée.

60v : Le moine de Pavie.

61v : Le chevalier repenti.

63 : La Vierge apparaissant à une religieuse et diminuant le nombre des Ave Maria qu’elle récitait.

65 : La vierge délivrant le larron du gibet.

66 : Visite de la Vierge au sacristain.

67v : Le sarrasin converti.

69v : L'épouse et la maîtresse.

70v : Le siège d'Avernon.

72 : La Vierge secourant un abbé et ses moines naviguant.

73 : Saint Bonet, évêque de Clermont.

75 : Le paroissien excommunié.

80v : Satan servant le dîner d’un homme riche.

82v : Le clerc de Chartres.

84v : Guérison du moine malade.

86v : Apparition de la Vierge à un chevalier en prière.

89 : Le sacristain ressuscité.

93 : Enlèvement de la nonne.

97 : Pière dans une église.

105 : Vol des reliques de sainte Léocade.

111 : Invention de sainte Léocadie.

111v : Miracle de sainte Léocadie.

Livre II

119 : L'impératrice diffamée.

143 : Abbé exhortant des moniales.

149v : Mort de Julien l'Apostat.

154v : Le siège de Byzance.

156 : L'enfant anglais.

160v : L'orfèvre d'Arras.

165v : Le gageur du Christ.

169 : Pierre et Étienne.

172 : Le pieux laboureur.

175 : Pierre Ivern, cierge descendant sur la viole devant l’image de la Vierge.

177v : Les malades à Soissons.

179 : Guérison du bouvier.

181 : Guérison de Gondrée atteinte du mal des ardents.

185v : Guérison de Robert de Jouy.

188v : L'homicide de Laon.

193v : Apparition de la Vierge à la pucelle d'Arras.

197v : Sauvetage d’un pèlerin se noyant.

200v : Le chanoine de Pise.

206 : L'icône de Sardenay.

212v : L'icône voilée.

Diverses prières

232v : Jeanne de Bourgogne priant la Vierge à l’enfant.

234 : Philippe VI de Valois priant la Vierge à l’enfant.

242v : Philippe VI de Valois priant la vierge à l’enfant.

243v : Jeanne de Bourgogne priant devant le Dieu créateur.