Le luth
Le luth est également connu depuis la plus haute antiquité. Issu de l'arabe « al ud », littéralement « le bois », le mot parvient en Occident, soit directement, soit par l'intermédiaire de l'ancien provençal lautz ou de l'ancien espagnol alod ou alaut. Les appellations varient selon les diverses langues laud, alaude, laifle, liuto, lute, mais toutes viennent du mot arabe et désignent le même instrument Les deux luths à trois cordes du
portail de la gloire de Saint-Jacques-de-Compostelle sont de forme oblongue. Leur reconstitution est monoxyle, l'un est monté d'une table en épicéa, l'autre d'une table en peau. Les nombreuses représentations iconographiques montrent plus souvent le luth constitué d'une caisse volumineuse en forme de demi-poire, assemblée de fines lamelles de bois appelées cotes, facture qui donne une plus grande légèreté à l'instrument. La table est plate et percée d'une ou plusieurs ouvertures parfois ornées de rosaces de parchemin ou de bois sculpté. Le manche rapporté est court et large, il peut être muni de frettes de boyau, et le chevillier est collé à angle droit du manche.
L'instrument arabe original, l'oud, est monté de cinq cordes doublées, le luth médiéval de trois ou quatre cordes simples ou doublées. Celles-ci sont faites de nerf ou de boyau animal, ou de soie filée. L'instrument est joué au moyen d'un long plectre de corne souple ou d'une plume d'aigle.
A la fin du Moyen Age et à la Renaissance,
le jeu du luth évolue par utilisation des doigts de la main droite et l'instrument passe d'un fonctionnement modal monodique au jeu polyphonique. L'adjonction de cordes graves très longues, montées sur un chevillier ajouté, donne naissance au 17° siècle au théorbe, extension instrumentale d'une beauté et d'une hardiesse stupéfiante. L'importance du luth au Moyen Age et à la Renaissance sera considérable au point que les facteurs d'instruments de type guitare et violon se rassembleront en confrérie sous le nom de luthiers, terme encore en usage aujourd'hui.
L'iconographie abondante permet une reconstitution aisée du luth médiéval, mais l'oud arabe, et le coboz slovaque, inchangés depuis l'époque médiévale, peuvent être utilisés en l'état.