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Clodéric (?-508)

Biographie

Grégoire de Tours raconte que Clodéric a combattu aux côtés de Clovis Ier à la bataille de Vouillé contre le roi wisigoth Alaric II. Quelque temps après la campagne, Clovis envoie un message à Clodéric lui disant que si Sigebert venait à mourir, Clodéric hériterait à la fois du royaume et de son amitié. Clodéric organise alors le meurtre de son père. Mais Clodéric est peu après assassiné par les envoyés de Clovis, lequel s'empare alors du royaume de Cologne.

L'écrivain Georges Bordonove s'étonne de ce récit. Il remarque que Clovis n'a pas usé de moyens aussi détournés pour éliminer les autres rois francs : il attaque Chacaric, le fait prisonnier, ainsi que ses fils, les tond et les fait ordonner respectivement prêtre et diacre, puis se ravise et les fait exécuter, craignant une révolte future. Pour Ragnachaire, roi de Cambrai, il l'attaque directement, après avoir corrompu une partie de son armée, capture Ragnachaire et son frère Richer et les fait exécuter. Puis il fait tuer un autre roi, Ragnomer. On peut argumenter que Clovis n'avait pas de griefs contre Clodéric alors qu'il en avait à l'encontre de Chacaric et de Ragnachaire, mais Grégoire de Tours ne mentionne pas de griefs particuliers vis-à-vis du fils de Chacaric, de Richer ou de Ragnomer. Après la mort de Clodéric, c'est librement que les Francs rhénans élisent et hissent Clovis sur le pavois, puis ils se montrent particulièrement fidèles à Thierry Ier après le partage du royaume franc en 511, mis à part l'épisode de la révolte de Mundéric en 534. Il paraît douteux que les Ripuaires aient fait preuve d'une telle fidélité si Clovis avait été l'assassin de deux de leurs rois. Godefroid Kurth, suivi de nos jours par Georges Bordonove, propose une autre interprétation de cet épisode : pendant que Clodéric aide Clovis à s'emparer de l'Aquitaine, après la victoire de Vouillé, Sigebert est assassiné dans une embuscade en forêt de Buconia. Clodéric rentre en hâte pour se faire reconnaître roi, mais meurt peu après, peut-être tué durant les troubles qui ont suivi la mort de son père. Comme il n'a pas d'enfant adulte pour lui succéder, l'anarchie s'installe à Cologne, et Clovis s'y rend pour y mettre fin. Ce faisant, il se fait élire roi de Cologne par les Francs. Pour le peuple, le premier meurtre restait mystérieux, et la rumeur, cherchant à savoir à qui profitait le crime, accuse ensuite Clodéric d'avoir fait assassiner son père, puis Clovis du même crime envers Clodéric. Ce sont ces rumeurs que reprit Grégoire de Tours, quelques décennies plus tard.

Aucun document ne mentionne d'enfants, mais on peut lui attribuer :

Mundéric, prétendant austrasien. La Vie de Saint Gundulf, évêque de Tongres, rédigée au XIIe siècle, donne saint Gundulf comme « issu de la branche des rois francs issus du parricide Clodéric » et « fils du regretté Mundéric que le roi Théodoric fit mettre à mort ». Il ajoute également : « Le jugement de Dieu a commencé quand il a permis que Mundéric pérît par le glaive, lui, le fils du parricide Clodéric ». Chronologiquement, Mundéric ne peut qu'être fils de Clodéric.

une fille mariée à un membre de la famille des Ferreoli et mère d'Agilulf, évêque de Metz, et d'Ansbert le sénateur. Il y a de nombreuses coïncidences onomastiques entre les descendants de Mundéric et la famille d'Ansbert. À la fin du VIIIe siècle, Paul Diacre, généralement bien renseigné, écrit que l'évêque Agilulf de Metz est le fils d'une fille de Clovis. Christian Settipani a émis la suggestion d'une mauvaise lecture de Chlodoricus (i.e. Clodéric) que Paul Diacre a interprété en Chlodovicus (i.e. Clovis).

sainte Dode, seconde abbesse de Saint-Pierre à Reims, à moins qu'elle ne fût que la nièce de Clodéric. Au Xe siècle, Flodoard, dans son Historia ecclesiæ Remensis nomme les fondateurs de l'Abbaye Saint-Pierre-les-Dames : il s'agit d'un prêtre nommé Baldéric et de sa sœur Boba (devenue ensuite sainte Beuve), fils d'un roi Sigebert. Boba en devient la première abbesse suivie de sa nièce Doda. Comme la fondation s'est faite avec l'aide de saint Rémi, ce roi Sigebert ne peut pas être Sigebert Ier, mais Sigebert le Boiteux. Sainte Doda serait la fille de Clodéric, le seul frère connu de Baldéric et Boba, mais pourrait tout aussi être celle d'un autre frère ou une autre sœur inconnue.

Ce nom d'Agilulf porté par un petit-fils de Clodéric montre une parenté avec les Agilolfinges. L'ascendance paternelle de l'évêque de Metz est exclusivement gallo-romaine et la parenté ne peut que passer par la mère d'Agilulf. Christian Settipani propose de voir dans l'épouse de Clodéric une grand-tante de Garibald Ier, premier duc de Bavière, le premier agilolfinge connu