Maison de Neufchâtel
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Neufch%C3%A2tel
La famille de Neu(f)châtel-Bourgogne est originaire de Neuchâtel-Urtière, dans le département du Doubs, à ne pas confondre avec la Maison de Neuchâtel qui a donné naissance à une dynastie de comtes suisses.
Aux XIe siècle et XIIIe siècle les seigneurs suzerains de Neuchâtel-Bourgogne portaient le titre de sire qui signifie seigneur. Richard de Neuchâtel-Urtière était surnommé le grand sire. Ses descendants prirent le titre de baron qui désigne un homme brave et noble ainsi que de chevalier banneret qui distingue un chevalier ayant le droit de lever une bannière et de réunir des hommes d'armes sous son commandement. À la fin du XVIe siècle, en 1584, ils porteront le titre de comte. Ils tenaient un rang élevé au XIIIe siècle et XIVe siècle, au moins équivalent aux comtes de Montbéliard. Le comte palatin de Bourgogne les traitait d'ailleurs de cousins et féaulx.
Armes et devise
Les armes de la maison de Neuchâtel-Urtière, nommée aussi Neu(f)châtel-en-Bourgogne sont :
De gueules à une bande d'argent, écartelé de gueules à une aigle éployée d'argent
Adage : Outrecuidance de Neufchâtel.
Origine
Le plus ancien membre connu de cette famille, Girard de Neufchâtel, est cité dans une charte de 1147 en faveur de l'abbaye Notre-Dame de Belchamp construite par Thierry II de Montbéliard, cette même abbaye cite également en 1171 Fromont (probablement Fromond de Drameley) et son oncle Wuillaume (ou Guillaume), ce dernier apparait encore en 1180. L'origine de cette famille de Neu(f)châtel-Bourgogne se trouve dans la personne de Richard Ier de Montfaucon, vivant au XIe siècle, seigneur de Montfaucon et second membre connu d'une puissante famille influente des comtés de Bourgogne et de Montbéliard. Parmi ses trois fils figure Welf, dit "le Bourguignon", mort en Palestine en 1098 : de son épouse Raimondis il aura trois fils dont Amédée, (? - après 1152) dit "de Neuchâtel", qui participe à la fondation de l'abbaye de Lucelle en 1123. Amédée de Neuchâtel aura un seul enfant connu, une fille : celle-ci épouse Fromond Ier de Dramelay, (? - après 1107), de qui elle a Pons, Hugues, et Humbert qui commence la lignée portant le nom de Neufchâtel ou ici Neuchâtel-Bourgogne.
Les sires de Neuchâtel-Urtière, dit aussi sires de Neufchâtel-en-Bourgogne, tinrent en fief des terres que possédaient les comtes de Montbéliard. L'affaire commença du temps de Thierry III, dit le « Grand Baron ». Durant leur règne successif, les sires de Neufchâtel-en-Bourgogne furent vassaux des comtes de Bourgogne (d'où leur nom).
Historique
Dès le commencement du régime féodal, et déjà au XIIe siècle, les comtes de Montbéliard avaient des vassaux dans la plupart des lieux de leur domination et dans la suite des temps, le nombre de ces vassaux alla toujours en augmentant. Bientôt, il y eut des seigneurs dans chaque village et ces seigneurs étant devenus trop nombreux n'eurent plus que des portions de villages ou même des fonds de terre. Non seulement les fiefs se transmettaient par héritage, mais ils pouvaient encore se vendre et s'échanger avec le consentement du suzerain. Le clergé accepta sans difficulté le régime féodal. Les domaines des églises et des monastères prirent la même forme que les fiefs séculiers.
Peu de temps après avoir perdu son fils unique, en l'an 1278, le comte Thierry III de Montbéliard choisit pour lui succéder dans ses vastes domaines, Guillemette de Neuchâtel outre Joux (Neuchâtel en Suisse), son arrière-petite-fille, promise en mariage à Renaud de Bourgogne, frère d'Othon IV, comte régnant de Bourgogne. Par acte du vendredi après la Pentecôte de l'an 1282, Renaud de Bourgogne reconnut qu'à raison de son mariage avec Guillemette de Neufchâtel, il aurait d'elle après le décès de Thierry III, suivant la volonté de celui-ci, le comté de Montbéliard et ses dépendances, sauf ce que ledit Thierry en retenait : la châtellenie de Granges, Beveuge et ses appendices, Aigremont, Chamabon et Blamont, Chatel-Thierry et ses appendices, Porrentruy et la châtellenie de Mylande, etc. Aussitôt après la mort de Thierry III en 1282, Renaud de Bourgogne prit possession des lieux, sans trop s'inquiéter des réclamations qui pourraient lui être adressées par plusieurs descendants de Thierry. Renaud de Bourgogne ne put conserver toutes les terres de la succession de Thierry ; il fut obligé notamment de prendre des arrangements avec Thiébaud III, sire de Neuchâtel-Urtière (près de Pont de Roide, dans le comté de Bourgogne), qui réclamait sa part dans cette succession. Thiébaud III était petit-fils de Thierry par sa mère Marguerite de Montbéliard, femme de Richard de Neuchâtel-Bourgogne. Mécontent du choix que Thierry avait fait de Guillemette, promise à Renaud de Bourgogne, pour lui succéder dans la plupart de ses riches et nombreux domaines, il avait profité de la désunion qui existait entre Renaud de Bourgogne et son frère Othon IV, comte de Bourgogne, pour avoir un appui dans ce dernier, et dans ce but il s'engagea par un acte du vendredi avant la nativité de Notre dame (mois de septembre) de l'an 1280 à lui faire hommage de tout le droit et de tout le partage qu'il avait et devait avoir en la terre et héritage du dit Thierry de Montbéliard, son aïeul maternel. Cet hommage de Thiébaud fait dans le but d'engager Othon à l'appuyer de tout son pouvoir dans les prétentions qu'il élevait, étaient matériellement nul, puisqu'il était contracté du vivant de Thierry III, et qu'en outre le comté de Montbéliard était un fief de l'Empire germanique. Néanmoins le susdit acte est devenu le fondement et le prétexte des prétentions de souveraineté que les comtes de Bourgogne ont formées plus tard sur le comté dont il s'agit et sur ses dépendances. Par une transaction faite le jeudi après Pâques fleuries (dimanche des Rameaux) de l'an 1283, Renaud de Bourgogne céda à Thiébaud III de Neuchâtel-Bourgogne, pour ses droits et prétentions dans la succession de Thierry : Blamont, Chamabon, et toute la partie du comté de Montbéliard qui a formé dès lors les seigneuries de Blamont et de Châtelot. À charge de les tenir de lui en fief, se réservant expressément sur les terres en question la suzeraineté ; il lui céda en outre la suzeraineté sur les fiefs de Cusance, de Bermont avec 250 livres de rente sur le puits de Salins. D'après l'acte ci-dessus mentionné, la seigneurie de Blamont, alors estimée du produit de 300 livrées de terre, comprit les lieux suivants : Blamont, bourg et château, Roches, Chamabon, Ecurcey, Autechaux, Mossonvillers, Pierrefontaine, Villars, Damvans, Vaufrey, Réclère, Grandfontaine, Abbévillers, Rocourt, Vandoncourt, Seloncourt, Bondeval, Hérimoncourt, Mélieres, Glay et Audincourt pour moitié. Voilà l'origine des seigneuries des sires de Neufchâtel qui n'était qu'un démembrement du comté de Montbéliard. La seigneurie de Blamont était la plus importante ; elle était limitrophe de celle de Clémont, que Thiébaud IV avait hérité de sa famille, et celle de Châtelot était limitrophe de celle de L'Isle-sur-le-Doubs, qui lui venait aussi de sa famille. La transaction ainsi faite avec Renaud de Bourgogne avait donc convenu parfaitement à Thiébaud IV. Toutes les seigneuries resteront en la possession de la famille des sires de Neuchâtel-Bourgogne jusqu'en 1506.
À Thiébaud III, succédèrent en ligne directe, Thiébaud IV, V, VI, VII, VIII et IX, suivi de trois fils qui ne laissèrent aucune descendance mâle. Cette famille était aussi illustre par son antique origine que par ses nobles alliances ; elle possédait de nombreux et riches domaines dans la comté de Bourgogne (Franche-Comté), et tenait un des premiers rangs parmi la noblesse de cette province. À la suite de l'étiolement des sires de Neuchâtel-Bourgogne, les seigneuries furent reprises au XVIe siècle par les princes wurtembergeois de Montbéliard, ce qui allait former plus tard la Principauté (les Quatre Terres principales : Blamont, Clémont, Châtelot, Héricourt s'ajoutaient ainsi au comté de Montbéliard).