Open in TheBrain

Château de Coucy

Localisation

Les vestiges du château de Coucy sont situés dans le département français de l'Aisne, sur la commune de Coucy-le-Château-Auffrique, à la limite du Laonnois et du Soissonnais, dominant les vallées de l'Oise et de l'Ailette, à l'extrémité d'un éperon rocheux où s'est établie la ville, dont il est séparé par un fossé large d'environ 50 mètres.

Historique

La première mention d'un château à Coucy date de 920 ; il s'agit d'une simple motte castrale édifiée par Hervé, évêque de Reims.

En 1079, Albéric (ou Aubry) s'empare de ce premier château.

La ville de Coucy est affranchie du pouvoir seigneurial en 1197.

Vers 1225-1240, Enguerrand III de Coucy, reconstruit le château dont les ruines sont encore visibles actuellement. Enguerrand III de Coucy, haut baron présomptueux qui songea à s'emparer de la couronne, élève un château formidable. Voulant rivaliser avec les rois de France, il dépense une fortune dans la construction de ce château au donjon colossal dont Viollet-le-Duc dira : « Auprès de ce géant, les plus grosses tours connues, soit en France, soit en Italie ou en Allemagne, ne sont que des fuseaux. »

Vers 1380, Enguerrand VII, grand diplomate, embellit et transforme la forteresse en aménageant de vastes salles et en la dotant d'un palais d'architecture gothique. Il meurt sans descendant mâle en 1397.

En 1400, Louis d'Orléans, fils du roi Charles V le Sage, acquiert de la fille d'Enguerrand VII, pour 400 000 livres tournois, la baronnie de Coucy pour compléter la défense de son duché de Valois qui avait été érigé en comté-pairie en 1344.

Au cours de la guerre de Cent Ans, durant l'hiver 1411, pendant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, le château est assiégé pendant trois mois par 600 hommes d’armes sous la conduite de Waléran de Luxembourg, comte de Saint-Pol aux ordres du duc Jean Ier de Bourgogne. Robert d'Esnes (dit « Mansart »), défenseur, se rendra faute de vivres.

Il est rattaché à la couronne royale en 1498, sous le règne de Louis XII.

Pendant la Fronde (1648-1653), le château occupé refuse de se soumettre à Louis XIV. Ce dernier ordonne son démantèlement et son abandon, ce qui est fait en 1652 sous le contrôle de Mazarin.

Description

Construit sur un éperon rocheux calcaire, la place forte bâti au début du XIIIe siècle par Enguerrand III, est composé de trois enceintes successives : une première enceinte, la plus vaste, abritait le bourg ; la basse-cour ou enceinte intermédiaire dépendait directement du pouvoir seigneurial, et enfin le château dominé par son donjon, le plus haut de la chrétienté, à l'extrémité de l'éperon. Avec ses 14 hectares de superficie, Coucy était une place forte de premier plan à la fin du Moyen Âge.

Après avoir traversé le bourg de Coucy et franchi la « porte de maître Odon », on accède au château par une vaste basse-cour flanquée de tours rondes, dans laquelle s'élève la chapelle castrale, placée en travers du chemin, entre ville et château.

Le château proprement dit se présente sous la forme d'une enceinte flanquée de quatre tours circulaires aux angles, dessinant ainsi un trapèze irrégulier. Les tours mesuraient 20 mètres de diamètre, avec des murs de 5 mètres de large et se dressaient à plus de 40 mètres de hauteur ; elles étaient divisées à l'intérieur en trois étages voûtés sur sous-sol, percées d'archères (certaines mesurent 4 m de haut), et couronnées de hourds. Pourvues de cheminées et de latrines, elles constituaient chacune à elles seules de véritables « donjons ». Elles étaient reliées entre elles par une courtine, pratiquement aussi haute que les tours et épaisse d'environ 3 mètres, que des contreforts réunis par des arcs en tiers-point étayaient à l'intérieur. Les logis s'appuyaient sur cette courtine, autour d'une cour intérieure.

Le château et son enceinte comprennent :

la tour Jacquet (qui n'existe plus) ;

la tour de l'Avoine ;

la tour de l'ouest ;

la tour de l'artillerie ;

les restes d'une église ;

les ruines du donjon ;

les ruines du logis seigneurial ;

les ruines de la chapelle seigneuriale ;

la grande salle également appelée salle des Preux ;

la salle des Preuses ;

les cuisines de Louis Ier d'Orléans, construites à partir de 1402 ex nihilo contre la courtine de la basse-cour ;

les caves ;

un puits profond de 64,50 mètres.

Son donjon cylindrique, dressé du côté de l'attaque en saillie, mesurait 31,25 mètres de diamètre, un mur de 3,45 mètres d'épaisseur à la base, pour 54 mètres de haut, ce qui faisait de lui, jusqu'en 1917, le plus important d'Europe. Il dépassait de 20 mètres celui du château du Louvre. Un profond fossé l'isolait entièrement de la chemise (fortification) et on y accédait par un pont-levis.

Le donjon et une grande partie du château furent détruits par l'armée allemande le 27 mars 1917. Les pierres du donjon forment aujourd'hui un tas compact parmi lesquelles on peut voir les grandes barres de fer qui cerclaient le donjon.

La salle des Preux, 60 m de long sur 15 m de large, fut entièrement couverte sous Enguerrand III : son plafond était alors constitué exclusivement de lambris ; puis il fut enrichi sous Enguerrand VII. Elle tire son nom des neuf statues de Preux qui l'ornent et qui représentent des combattants célèbres : David, Judas Macchabée, Josué, César, Alexandre le Grand, Hector, Charlemagne, le roi Arthur et Godefroi de Bouillon.

Les remparts des flancs nord et sud étaient encore en cours de restauration en 2007.

Les deux tours du flanc ouest de la basse-cour, entre la tour d'angle et le château lui-même, sont effondrées. Actuellement, une promenade qui longe l'extérieur des remparts permet d'en deviner l'architecture, de type ogival.