Ravages
Ravage est un roman de science-fiction post-apocalyptique écrit par René Barjavel, paru en 1943. Le récit est une dystopie révélant le pessimisme de l'auteur à l'égard de l'utilisation du progrès scientifique et des technologies par les hommes. Ravage présente le naufrage d'une société mature, dans laquelle, un jour, l'électricité disparaît et plus aucune machine ne peut fonctionner. Les habitants, anéantis par la soudaineté de la catastrophe, sombrent dans le chaos, privés d'eau courante, de lumière et de moyens de déplacement. Il s'agit d'un thème typique de la science-fiction post-apocalyptique, brossant le portrait de la fin de l'humanité technologique et la reconstruction d'une civilisation sur d'autres bases.
Grand succès populaire, le livre s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires depuis sa sortie et il sert régulièrement de support à l'étude au collège.
Principaux personnages
François Deschamps, héros du roman, âgé de 22 ans au début du récit.
Blanche Rouget, âgée de 17 ans, compagne de François, qui la surnomme « Blanchette »
Jérôme Seita, directeur d'une importante société de radio.
Mme Vélin, concierge de l'immeuble où habite François.
Narcisse, Georges, André, Teste, Martin, Pierre : premiers compagnons de François.
Dr Fauque, médecin de l'expédition.
Colette, fille du Dr Fauque et amante de Teste.
Paul (futur époux de la fille de François et futur chef de la communauté). Il est le descendant de Narcisse.
Denis.
Résumé
Le roman est formellement divisé en quatre parties de tailles différentes. Les deux premières parties sont assez longues, alors que les deux dernières ne comportent que quelques pages.
Première partie : Les Temps nouveaux
France, 3 juin 2052. Un jeune homme issu de la ruralité, François Deschamps, vient d'arriver dans la mégapole parisienne et attend avec impatience les résultats du concours d'entrée dans une école réputée de chimie agricole. Il a beaucoup travaillé et est confiant dans les résultats. Il souhaite profiter de sa présence à Paris pour revoir son amie d'enfance, Blanche, qui entame une carrière de mannequin et d'actrice. Blanche a justement un rendez-vous avec Jérôme Seita, un riche producteur de films et dirigeant de médias. Quand Jérôme Seita, qui a des sentiments pour la jeune femme, apprend par Blanche l'existence de François, il ordonne une enquête rapide sur le jeune homme. Dès le lendemain, grâce à ses relations, il fait en sorte que François soit déclaré non reçu à son concours et voie son approvisionnement en électricité, eau et lait chimique coupé. Profitant d'un moment où Blanche, découvrant une nouvelle vie faite de beaux logements, de diamants et de repas fins, est psychologiquement affaiblie, il la demande en mariage. Blanche accepte. Apprenant cela, François est abattu, pensant perdre Blanche à tout jamais.
Deuxième partie : La Chute des villes
Pendant que se déroulait le récit de la première partie, les médias évoquaient les relations tendues entre un Empire sud-américain en conflit avec les États-Unis du Nord. Les relations entre les deux régimes, déjà mauvaises, s'enveniment encore plus au point que la guerre est déclarée par l'Empire sud-américain. Une attaque massive est lancée. Quelques heures après, en Europe en général et en France en particulier, l'électricité disparaît, les usines atomiques cessent de fonctionner, et la totalité de la vie sociale et économique est interrompue. Certains matériaux, comme le fer, « s'amollissent » inexplicablement. Les métros, les autobus électriques, les automobiles, les portes des maisons, les ascenseurs, les robots ménagers, etc., s'arrêtent brutalement de fonctionner. La population est dans l'incapacité de se nourrir, d'accéder aux maisons, de se déplacer. Le gouvernement est totalement paralysé. Des troubles, de plus en plus nombreux, ont lieu. Le chaos s'installe. François traverse une mégalopole dont les vingt-cinq millions d'habitants sont particulièrement nerveux. Ils tombent rapidement dans une sorte de folie. Il récupère Blanche, frappée par un mal mystérieux, et coordonne un petit groupe de gens qui, comme lui, souhaitent quitter l'Île-de-France dans les meilleurs délais. La petite troupe fuit l'agglomération alors qu'un gigantesque incendie vient de se déclarer et tue des milliers de Parisiens. En effet les camions de pompiers sont à l'arrêt et les vannes d'eau ne fonctionnent pas.
Troisième partie : Le Chemin de cendres
La petite troupe menée par François parvient à quitter Paris. Le choléra s'est déclaré et menace la santé publique. L'eau potable est difficilement accessible. Blanche, qui avait été blessée lors du chaos parisien, retrouve la santé. Toutefois la progression est lente et difficile. Le groupe est sans cesse attaqué par des fuyards et doit se défendre contre l'insécurité, la faim, la peur, et même la folie qui guette. De fil en aiguille, ils traversent l'Orléanais, l'ouest de la Bourgogne, l'Auvergne, le sud-ouest de la région lyonnaise. Ils arrivent alors au nord de la Provence et au sud du Dauphiné, dans le village natal de François et Blanche. Beaucoup d'habitants ont péri. François, par son courage et sa sagesse, parvient à organiser une vie communautaire et à repousser les pillards. Il établit des règles de vie strictes mais saines. Sa sagesse lui vaut l'estime de tous, et la communauté villageoise peut envisager l’avenir avec confiance.
Quatrième partie : Le Patriarche
Dans les années qui ont suivi, la sagesse de François a été appréciée de tous. Il est maintenant le coordinateur d'une vaste zone qui va du sud de Lyon à la Méditerranée, et de l'Auvergne au Dauphiné. Il a contribué à établir l'assise d'une civilisation agricole prospère et autosuffisante en nourriture. N'ayant plus assez d'hommes pour entretenir le territoire, il instaure la norme de la polygamie. La vie saine des gens a permis un accroissement de la population et un bonheur généralisé. Dans les dernières pages du roman, un jeune homme, Denis, a créé une machine à moteur et vient la présenter à François. Celui-ci s'emporte contre cet engin qui lui rappelle les erreurs fatales du passé et se montre menaçant à l'égard de Denis. Le jeune homme riposte et tue François, alors plus que centenaire. La continuité politique sera heureusement assurée par Paul, un homme qui a appris auprès de François et qui est aussi sage que lui.