Jacaranda
« Jacaranda » est le deuxième roman de l’écrivain et musicien franco‑rwandais Gaël Faye, paru en 2024 aux éditions Grasset et lauréat du prix Renaudot 2024. Huit ans après le succès de « Petit pays », l’auteur revient à la fiction en proposant une grande fresque intime et historique centrée sur la mémoire du génocide des Tutsi au Rwanda.
Le livre suit Milan, un jeune homme métis, né d’un père français et d’une mère rwandaise, qui grandit à Versailles dans les années 1990. Depuis la France, il découvre à travers les images télévisées le génocide qui ravage le pays natal de sa mère, tandis que celle‑ci se mure dans le silence et refuse de raconter son histoire.
Devenu adulte, Milan décide de partir au Rwanda pour tenter de comprendre ce passé tu, enquêter sur sa propre généalogie et saisir comment la société rwandaise vit avec le souvenir du massacre. Au fil de ses rencontres, le roman fait apparaître plusieurs générations marquées par la colonisation, la guerre civile, le génocide et la reconstruction.
Le jacaranda, arbre aux fleurs violettes, devient une figure centrale du livre : arbre fétiche de Stella, amie de Milan, il symbolise à la fois la beauté fragile du pays, la mémoire des disparus et la possibilité d’un enracinement malgré les traumatismes. Autour de cet arbre se nouent des histoires d’amitié, d’amour, de deuil et de résilience.
« Jacaranda » aborde des thèmes forts : la quête d’identité d’un enfant de la diaspora, le poids du silence familial, les mécanismes de la justice transitionnelle (notamment les tribunaux populaires gacaca) et la manière dont la jeunesse rwandaise née après 1994 se confronte aux commémorations et à l’héritage du génocide.
Par une écriture à la fois musicale, réaliste et lyrique, Gaël Faye mêle scènes du quotidien, paysages du Rwanda contemporain et plongées dans le passé. Le roman propose ainsi une méditation sur la mémoire, la transmission et la possibilité du pardon, tout en offrant un portrait sensible d’un pays qui tente de se relever sans effacer ses blessures.