François Weyergans
François Weyergans (1941-2019) est un écrivain et cinéaste belge de langue française, également membre de l’Académie française. Né à Etterbeek, dans la région de Bruxelles-Capitale, il est le fils de l’écrivain Franz Weyergans et grandit dans un milieu imprégné de littérature et de culture. Après des études de cinéma à Paris, il commence sa carrière comme critique aux Cahiers du cinéma et réalise plusieurs films documentaires et de fiction, notamment sur Maurice Béjart, ainsi que des longs métrages comme Aline, Je t’aime, tu danses, Maladie mortelle ou Couleur chair.
À partir des années 1970, il s’oriente davantage vers la littérature. Son roman Le Pitre (1973), récit satirique inspiré de sa psychanalyse, le fait connaître et lui vaut le prix Roger-Nimier. Il enchaîne ensuite les ouvrages remarqués : Macaire le Copte (prix Rossel et prix des Deux Magots), Le radeau de la Méduse (prix Méridien des quatre jurys), La démence du boxeur (prix Renaudot), ou encore Franz et François, où il explore avec humour et gravité la relation complexe avec son père. Son style, souvent qualifié de joueur, ironique et autobiographique, mêle introspection, digressions et auto-dérision.
En 2005, François Weyergans reçoit le prix Goncourt pour Trois jours chez ma mère, roman en forme de poupées russes qui met en scène un écrivain en retard perpétuel sur le manuscrit qu’il doit remettre, et qui réfléchit, avec humour, à la création, au temps qui passe et à la famille. Cette consécration, ajoutée à ses nombreux prix antérieurs, en fait une figure majeure des lettres francophones contemporaines. Élu à l’Académie française en 2009, il y occupe le fauteuil n°32 jusqu’à sa mort, survenue à Paris en 2019.
L’œuvre de Weyergans est significative par la manière dont elle brouille les frontières entre vie et fiction, entre cinéma et littérature, et par son ton à la fois léger et profond. Elle propose une réflexion originale sur l’identité, la mémoire, le désir de création et le rapport au père. Aujourd’hui, François Weyergans est considéré comme l’un des grands stylistes francophones de la fin du XXᵉ et du début du XXIᵉ siècle, dont les livres continuent d’être lus pour leur liberté de ton et leur intelligence mélancolique.