1968 : La Nuit des temps
Résumé
Découverte en Antarctique
Des expéditions scientifiques françaises en Antarctique révèlent l'émission d'un signal inattendu provenant de la profondeur des glaces. Une expédition rassemblant de nombreuses nations est organisée afin d’atteindre le point d'émission du signal. Ses membres communiquent grâce à un ordinateur traduisant instantanément leurs paroles.
L'expédition internationale découvre les ruines d'une civilisation disparue sous la glace depuis 900 000 ans et les scientifiques du monde entier affluent vers le site pour aider à explorer et comprendre.
La planète entière assiste à l'exploration en direct via la télévision satellite à couverture mondiale. Les explorateurs découvrent un objet ovoïde en or de trois mètres de diamètre dans lequel se trouvent en état de biostase, enfermés dans des blocs d'hélium à 0 K, les corps nus d’un homme et d’une femme dont les têtes sont recouvertes de casques d’or qui masquent leurs visages.
Simon, médecin faisant partie de l’expédition scientifique en Antarctique, décide avec ses collègues de procéder au réveil des corps, mais en commençant par celui de la femme, car les scientifiques tâtonnent sur la méthode de réveil, et le corps de l'homme montre des traces de brûlures sur le torse.
Réveil d'Éléa et explications sur le monde disparu
La femme est tirée de son sommeil : elle dit s'appeler Éléa et Simon tombe éperdument amoureux d'elle.
Grâce à une machine apposée sur son front, Éléa transmet les éléments de sa mémoire, lesquels sont retransmis par les canaux de la télévision mondiale. Les souvenirs d'Éléa relatent l'histoire de son monde, mais aussi la sienne et celle de son compagnon Païkan, et la guerre qui a détruit sa civilisation. Son monde semble similaire au nôtre, mais pas à la même époque. Elle vivait il y a 900 000 ans, dans une civilisation bien plus avancée, appelée Gondawa, à l’aube d’une guerre qui dévasta la Terre entière. Éléa et son compagnon Païkan sont destinés l’un à l’autre depuis leur enfance et s’aiment d’un amour infini.
Les merveilles que font espérer la découverte du site de Coban rendent les nations hystériques : on augmente le niveau de protection de l'expédition car des menaces de sabotage sont transmises au monde entier. Le récit fait constamment le parallèle entre le monde contemporain et celui d'Éléa.
Alors que la fin du monde d'Éléa était proche, afin de donner un avenir à cette civilisation, quelques scientifiques, incarnés par le meilleur d'entre eux, Coban, avaient décidé de mettre en état d’hibernation un homme et une femme possédant les critères intellectuels et physiques optimum. Coban avait été choisi, ainsi qu'Éléa, mais contre son gré, car elle ne pouvait supporter d'être séparée de Païkan. Elle s'était alors enfuie avec Païkan mais, après de multiples péripéties au cours desquelles elle tombe notamment sur un groupe d'étudiants opposés à la guerre et criant "Pao!" (Non!), celui-ci avait décidé de la sauver malgré elle. Il l’avait assommée et ramenée à Coban, préférant la savoir en vie sans lui que morte avec lui.
Tentative de réveil du second personnage et dénouement
Après avoir écouté le récit d'Éléa, Simon et ses collègues scientifiques décident de réveiller l’homme, qui a besoin d'une transfusion sanguine en raison de ses blessures. Éléa lui donne de son sang.
Après réflexion, et durant la transfusion, elle choisit de refuser la possibilité que lui offre Simon de refaire sa vie avec lui : secrètement elle s’empoisonne, et par là-même, empoisonne l’homme qu’elle croit être Coban et qu'elle juge responsable de son malheur.
Mais en réalité, ce n'est pas Coban qu'elle tue avec elle mais Païkan. Ne pouvant se résigner à vivre sans elle, il avait en effet tué Coban et pris sa place dans la sphère d'hibernation. Leurs cœurs cessent de battre en même temps. Simon s'en rend compte trop tard : ne sachant s'il existe un antidote au poison et si on pourra l'administrer à temps, il choisit de ne pas prévenir Éléa de sa méprise.
Le leitmotiv du roman, indiquant l'amour d'Éléa pour Païkan est « Eléa : je suis à Païkan, Païkan : je suis à Eléa. »
Dans le même temps, les savants sont trahis par l'un d'entre eux et la base, sabotée, doit être évacuée. Simon, le cœur brisé, rentre chez lui, indifférent aux bruits de guerre qui montent partout sur la planète. Cependant, tout autour du monde, des étudiants crient "Pao! Pao!" pour s'opposer à la guerre.
Personnages principaux
Les contemporains
Dr Simon : médecin français
Joe Hoover : chimiste et chef de la délégation américaine. C'est la caricature de l'Américain moyen, obèse, raciste et machiste par bêtise. Il a pourtant, au cours du récit, l'occasion d'utiliser à bon escient ses méthodes de cow-boy.
Léonova : anthropologue et chef de la délégation soviétique. Elle paraît, au début, être la parfaite petite militante marxiste mais sait faire abstraction de son idéologie dans l'intérêt majeur de l'humanité.
Dr Lebeau : médecin français.
Lukos : philologue turc et inventeur de la Traductrice. Il trahit ses amis en tentant de voler l'Équation de Zoran, source de l'énergie universelle. Le lecteur ne saura jamais pourquoi ni à qui il obéissait, puisqu'il se suicide après avoir miné la base. Ses complices trouvant la mort au cours de leur fuite, l'équation est perdue à tout jamais, à part quelques bribes qui sont inexploitables.
Hoï-To : physicien japonais assassiné par Lukos à la fin du roman.
Les Vignont : famille de Parisiens qui suit les événements à la télévision.
Brivaux: ingénieur
Les Gondas
Les habitants de Gondawa, appelés Gondas, vivaient il y a 900 000 ans dans un Antarctique tropical du fait d'une inclinaison différente de la Terre.
Ils exploitaient l'énergie universelle, qui leur apportait tout ce qui était nécessaire à leur confort, mais leur a également permis de créer l'arme solaire, qui détruisit les civilisations existantes.
Leur apparence est celle d'Européens, mais ils sont tous gauchers.
Tous les citoyens recevaient un « revenu universel » en énergie universelle, afin qu'ils puissent obtenir tout ce qu'ils voulaient en la transformant en matière. Ils n'étaient pas obligés de travailler mais les non-travailleurs recevaient des revenus plus bas. Dès leur naissance, ils étaient enregistrés dans des bases de données et appariés de manière rationnelle à un autre Gonda.
Éléa : la femme réveillée, elle a été choisie contre son gré par Coban pour sauver l'humanité, alors qu'elle ne veut que vivre son amour avec Païkan. Merveilleusement belle, fougueuse et révoltée, elle est prête à tuer pour rejoindre son amant. Après l'avoir cru mort, elle perd toute sa joie de vivre et sa combativité.
Coban : le plus grand savant de Gondawa et directeur de l’Université, il a sélectionné Éléa en raison de ses qualités physiques et mentales. Contrairement à elle, il refuse de se laisser guider par les sentiments : il est prêt à abandonner sa fille unique à son triste sort.
Païkan : l'amoureux d'Éléa depuis son enfance. Il est aussi déterminé qu'elle, mais on ne le comprend vraiment qu'à la fin.
Lokan : président du Gondawa. Désespéré par l'idée de perdre la guerre, il choisit d'ignorer les conseils des savants qui n'ont aucun doute sur la dangerosité de l'arme solaire.
Les Enisors
Enisoraï était une nation contemporaine et rivale de Gondawa. Peuplée par les ancêtres des natifs américains, elle occupait ce qui deviendra les Amériques, dont la géographie a été bouleversée par le cataclysme.
C'était une nation militariste et impérialiste, qui niait l'individu. Sa supériorité démographique incita les Gondas à utiliser l'arme solaire, ce qui détruisit le monde.
Les Enisors apparaissent peu dans le roman, mais deux d'entre eux jouent un rôle crucial dans le destin d'Éléa et de Païkan ; il s'agit de Kutiyu, chef du gouvernement d'Enisoraï et responsable de la guerre, et d'un soldat énisor dont on ignore le nom, qui attaque Païkan avant qu'il n'ait eu le temps de refermer l'abri. Païkan est grièvement brûlé dans l'affrontement et, en raison de ces brûlures, aucun des scientifiques chargés de le réveiller ne le reconnaît, ce qui aurait pu éviter sa fin tragique.