Avant-Guerre
Avant-Guerre est un roman de Jean-Marie Rouart, publié en août 1983 aux éditions Grasset, qui reçoit le prix Renaudot la même année.
Le livre suit un petit groupe de jeunes gens issus de la bonne société française, que l’on découvre en vacances sur la côte basque en 1933.
Dans cette ambiance d’été insouciant, ils rêvent de leur avenir, tissent des amitiés intenses, s’aiment, se jalousent et se blessent durablement.
Quelques années plus tard, la montée des périls en Europe et l’entrée en guerre transforment ces histoires sentimentales en conflits de conscience.
Les mêmes personnages se retrouvent confrontés aux choix décisifs de l’Occupation : accepter Vichy, rejoindre Londres ou partir pour Alger.
Les passions privées – amour, jalousie, ressentiment – se mêlent alors étroitement aux engagements politiques et déterminent les camps que chacun choisit.
Rouart y dresse le portrait d’une génération qui passe brutalement de la légèreté des années trente à la tragédie de la guerre et de la collaboration.
Le roman s’interroge sur la fidélité, la trahison, le courage et la lâcheté, en montrant comment les circonstances historiques révèlent ou détruisent les êtres.
Il prolonge chez Rouart un intérêt constant pour la politique comme scène où se joue le sens d’une vie, dans la lignée de certains grands romans de formation collective.
La narration, ample et classique, privilégie le suivi des destins sur la durée plutôt que l’expérimentation formelle.
À travers cette fresque, l’auteur cherche aussi à répondre à une question intime : que ferait-on soi-même si l’on avait vingt ans à l’orée de la catastrophe ?
Avant-Guerre apparaît ainsi comme un grand roman de formation d’une génération, où les illusions d’une jeunesse privilégiée sont mises à l’épreuve de l’Histoire.