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Powys John Cowper

Biographie

John Cowper Powys (auteur de Givre et sang) - Babelio

John Cowper Powys est né à Shirley dans le Derbyshire, où son père Charles Francis Powys (1843–1923) officiait comme pasteur. Son deuxième prénom est un hommage au poète William Cowper, dont descendait sa mère. Il est l'ainé d'une fratrie de onze enfants; deux de ses frères, Llewelyn Powys et T. F. Powys sont également devenus des écrivains de renom. Les autres membres de la fratrie se sont illustrés dans les arts.

John Cowper étudie à Sherborne School et à Corpus Christi College à Cambridge. Il épouse Margaret Lyon le 6 avril 1896. Un fils, Littleton Alfred Powys, naît de leur union en 1902. John Cowper Powys travaille comme enseignant à Brighton puis à Eastbourne, avant de devenir conférencier itinérant en littérature pour le compte des universités d'Oxford et de Cambridge. Il exerce ensuite en Europe continentale et enfin aux États-Unis, où il vit de 1904 à 1934. Son mariage se détériore et Powys se sépare de Margaret sans pour autant divorcer ni cesser d'entretenir sa femme et son fils à distance. En 1921, il rencontre l'américaine Phyllis Playter avec qui il restera jusqu'à la fin de sa vie.

Aux États-Unis, son œuvre trouve un défenseur en la personne de Theodore Dreiser. John Cowper Powys participe en 1929 à un débat public avec Bertrand Russell à propos du mariage. Il prend la défense du roman de James Joyce, Ulysse, lors de son premier procès pour obscénité. Il entre aussi en correspondance avec la féministe et anarchiste américaine Emma Goldman qui le mentionne favorablement dans son autobiographie.

Il se fait connaître en tant que poète et essayiste, puis se met à écrire une série de romans remarqués pour leur recréation détaillée et intensément sensuelle du temps, des lieux et des personnages.

De retour au Royaume-Uni, il séjourne brièvement dans le Dorset, en Angleterre, puis s'installe à Corwen au Pays de Galles et enfin à Blaenau Ffestiniog, où il écrit principalement des romans historiques (dont deux situés au Pays de Galles) et des œuvres de fantasy magique. Il y demeure jusqu'à sa mort.

L'écrivain

L’œuvre de Powys se partage principalement entre des romans et des essais philosophiques.

Si Powys publie régulièrement des essais et œuvres de fiction aux États-Unis dès 1915, ce n’est qu’à partir de la parution en 1929 de Wolf Solent (première traduction française en 1931)3 que se bâtit sa réputation de romancier, tant sur plan critique que commercial4. Wolf Solent est généralement considéré comme le premier des « romans du Wessex », série dont font également partie Les Enchantements de Glastonbury (1932), Les Sables de la Mer (1934) et Camp Retranché (1936). Le cadre géographique de ces romans (les comtés du Dorset et Somerset) les situe dans un contexte personnel propre à Powys, et fait également écho aux romans de Thomas Hardy.

Ces romans qui demeurent les mieux connus et étudiés sont suivis par une autre série, inspirée elle plus clairement par le Pays de Galles et les réminiscences des anciennes mythologies: Owen Glendower (1941) et Porius (1951). Ces deux romans, partie historiques, partie mythiques, s'enfoncent toujours plus loin dans le passé. Owen Glendower suit une foule de personnages dont le jeune Rhisiart engagé dans la lutte pour l'indépendance du Pays de Galles face à l'Angleterre, en pleine Guerre de Cent Ans. Porius narre la destinée compliquée du prince Porius, un gallois combattant au sein d'une alliance de divers peuples contre les invasions saxonnes, aux confins du Ve siècle ap. J. C., dans le sillage du Roi Arthur. Le druide Myrddin (Merlin), personnage important du roman, y incarne le contact entre l'homme et la magie du monde. Ces deux romans, écrits pendant et peu après la Seconde Guerre Mondiale, portent la trace du conflit, jouent sur les parallélismes historiques, et interrogent une nouvelle fois la place de l'individu dans le chaos de l'Histoire, le mystère du monde.

L'écriture de Powys décrit des états de conscience élevés résultant d'une révélation mystique, ou de l'expérience d'un plaisir ou d'une souffrance extrêmes. Powys a aussi écrit des ouvrages de philosophie et de critique littéraire, dont notamment un des premiers hommages à Dorothy Richardson. Il est également connu pour son engagement contre la vivisection.

Ses romans se caractérisent par leur longueur et la quantité de personnages. Powys y montre un attachement pour l'occulte et une vision animiste du monde qui, entre autres choses, confère aux objets inanimés, comme le soleil dans Les Enchantements de Glastonbury, une âme et un point de vue. Le charme de ses livres n'atteint pas certains lecteurs, tandis que d'autres en sont profondément touchés.

Powys est également l'auteur d'une volumineuse correspondance. Un recueil de lettres à son ami de longue date et biographe Louis Wilkinson (lui-même connu pour sa relation étroite avec Aleister Crowley) est publié de son vivant. De nombreux volumes de correspondance paraissent après sa mort.

En 1965, Marie Canavaggia reçoit le « Prix Gustave Le Métais-Larivière » de l’Académie française pour sa traduction d'Autobiographie de John Cowper Powys