Duquenne,Cécile
[Cécile Duquenne]
Nom complet : Cécile Duquenne.
Naissance : 16 janvier 1988, dans le 13ᵉ arrondissement de Marseille (France).
Décès : vivant.
Nationalité : française.
Période d’activité : années 2010–… (premières publications au début des années 2010, cycles et romans poursuivis jusqu’aux années 2020).
Genres : science-fiction, fantasy, fantastique, steampunk, space opera, bit-lit et urban fantasy, littérature de jeunesse.
Profession(s) : romancière, nouvelliste, traductrice littéraire de formation, a également travaillé en librairie et intervient comme autrice dans festivals et rencontres autour des littératures de l’imaginaire.
🌿 Biographie (synthèse)
Née en 1988 à Marseille, Cécile Duquenne grandit dans plusieurs villes du littoral provençal (Cassis, La Ciotat, Aubagne), ce qui ancre très tôt son imaginaire dans un Sud de la France à la fois familier et propice au dépaysement. Après un baccalauréat littéraire en 2006, elle s’oriente vers les métiers du livre et les langues : un DUT Métiers du livre en 2008, une licence LLCE de japonais en 2011, puis un master de traduction littéraire en 2013. Cette formation croise de manière significative le monde du livre, les littératures étrangères (en particulier japonaises) et la pratique de l’écriture.
En parallèle de ses études et de ses activités en librairie, elle publie des nouvelles et des feuilletons numériques dans le champ des littératures de l’imaginaire. Elle se fait connaître d’abord avec des textes courts et des cycles publiés chez de petits éditeurs spécialisés, avant de rejoindre des maisons plus visibles dans le domaine comme Bragelonne ou ActuSF. Ses principaux cycles – Les Foulards rouges, Les Nécrophiles anonymes, Purespace, Penny Cambriole – sont tous marqués par une hybridation des genres (science-fiction, fantastique, western, steampunk, roman jeunesse) et par la présence de protagonistes féminins forts. Plus récemment, elle coécrit avec Étienne Barillier le diptyque steampunk des Brigades du Steam, confirmant son rôle de figure importante du steampunk francophone contemporain.
📚 Romans et récits longs
Les Foulards rouges est sans doute la série la plus emblématique de Cécile Duquenne. Publiée d’abord sous forme de feuilleton numérique puis rassemblée en volumes papier, elle se déploie en plusieurs saisons (Bagne, Terre, Évoria). L’univers mêle western, space opera et steampunk : Lara Carax, justicière au foulard rouge, doit survivre sur la planète-prison désertique Bagne, s’évader avec ses compagnons, puis affronter des enjeux de plus en plus vastes où s’entrecroisent révolte politique, manipulations magiques et technologies avancées. La série repose sur une structure sérielle très marquée (épisodes courts, titres anglais, cliffhangers), ce qui accentue l’impression de suivre une série télévisée ou un comics romanesque.
Les Nécrophiles anonymes forment un autre cycle important, cette fois dans une veine de bit-lit et d’urban fantasy. Le premier volume, Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue, met en scène Népomucène, employé de morgue solitaire, et Bob, son ami vampire âgé de plus d’un siècle et demi. Quand un mystérieux tueur s’en prend aux employés de l’hôpital, Bob soupçonne l’intervention d’une autre créature surnaturelle et entraîne Népomucène dans une enquête où se croisent humour noir, horreur légère et atmosphère gothique contemporaine. Les tomes suivants prolongent ce mélange de polar urbain, de romance et de chronique de la marginalité vampirique.
Avec Purespace (épisodes, saisons puis intégrales chez un éditeur spécialisé dans les fictions vampiriques), Cécile Duquenne pousse plus loin le croisement entre bit-lit et science-fiction. L’héroïne, Shereen, règne sur le plus grand clan de vampires d’Europe et se donne pour mission de sauver des victimes humaines en leur offrant vengeance ou immortalité. L’irruption de vaisseaux spatiaux qui massacrent spécifiquement les créatures surnaturelles ouvre sur une intrigue d’invasion extraterrestre ciblant vampires, loups-garous et sorciers. Le cycle joue ainsi sur la confrontation entre un bestiaire fantastique classique et un imaginaire de space opera, avec une dimension feuilletonesque marquée.
La série jeunesse Penny Cambriole propose un versant steampunk et aventure pour un public plus jeune. Dans le premier volume, Penny Cambriole et l’horloge à voler le temps (Rouge Safran, 2015), Pénélope, dite Penny, passe des vacances tranquilles chez ses grands-parents à Lambesc jusqu’au moment où elle se réveille dans un jardin peuplé d’automates et de sculptures vivantes. Elle découvre qu’elle se trouve chez Arsène Lupin, en compagnie d’autres enfants convoqués pour récupérer ce qui leur a été dérobé. La quête qui s’ensuit, dans un labyrinthe mécanique, mêle hommage au gentleman cambrioleur, dispositifs temporels et décor steampunk. Le tome suivant, Mineurs sans âme (2016), conduit Penny et ses amis dans un monde en mutation, où ils doivent affronter une forme d’exploitation souterraine inquiétante, prolongeant l’univers tout en l’éloignant un peu du steampunk strict.
En collaboration avec Étienne Barillier, Cécile Duquenne signe la série des Brigades du Steam (ActuSF) : Les Brigades du Steam (2019) puis Les Chiens de porcelaine (2022). Ces romans situent l’action en 1910, d’abord à Aix-en-Provence puis à Limoges, au sein des Brigades mobiles créées par Clemenceau, dans une France uchronique où quelques avancées technologiques à vapeur transforment la police, la guerre et le quotidien. On y suit le duo formé par Solange Chardon de Tonnerre, policière amputée d’un bras et dotée d’une prothèse mécanique, et Auguste Genovesi, jeune recrue en proie au syndrome de l’imposteur. Les intrigues combinent enquête policière, espionnage international et questionnements sur le corps, le genre et la modernité.
D’autres romans ou cycles, comme Purespace (saisons 1 et 2) ou certains textes indépendants figurant dans sa bibliographie, prolongent ces domaines d’élection : mondes parallèles, créatures surnaturelles, héroïnes en position de puissance mais confrontées à des structures de domination.
🧩 Nouvelles, récits brefs, essais, journaux et correspondances
Outre ses cycles romanesques, Cécile Duquenne publie de nombreuses nouvelles dans des anthologies et revues consacrées aux littératures de l’imaginaire. Ces textes courts revisitent souvent, sur un mode plus expérimental ou concentré, les thématiques présentes dans ses séries : figures féminines combattantes, hybridation de la technologie et de la magie, jeux sur les codes du western, du conte ou de l’horreur urbaine.
Une partie de sa production relève du feuilleton numérique : Les Foulards rouges sont d’abord apparus sous forme d’épisodes publiés en ligne avant d’être regroupés en volumes, et Purespace a également été diffusé épisode par épisode avant de connaître une édition intégrale. Cette pratique du feuilleton, prolongée par des publications en papier, ancre son travail dans une tradition populaire de la sérialisation tout en tirant parti des plateformes numériques contemporaines.
Du côté non fictionnel, même si elle ne publie pas d’ouvrages théoriques à proprement parler, sa formation en traduction littéraire et en japonais l’amène à intervenir ponctuellement dans des contextes universitaires ou de médiation (colloques, festivals, rencontres) autour des littératures de l’imaginaire et parfois des circulations entre France et Japon. L’inventaire détaillé de ces textes non fictionnels et interventions reste cependant à établir à partir de bibliographies spécialisées et de ses propres archives.
🎭 Thèmes, motifs et imaginaire
Les romans de Cécile Duquenne se caractérisent par un ensemble de thèmes récurrents. La question de l’émancipation et de la puissance féminine revient de manière centrale : Lara Carax (Les Foulards rouges), Penny Cambriole, Shereen (Purespace) ou Solange Chardon de Tonnerre (Les Brigades du Steam) sont des héroïnes actives, armées, souvent placées en situation de marginalité ou de stigmatisation, qui doivent conquérir leur place dans des univers hostiles. Les récits examinent aussi la façon dont ces héroïnes composent avec la violence, le trauma et la responsabilité vis-à-vis de leurs proches.
Autre noyau thématique fort : la relecture des figures classiques du fantastique et de la culture populaire. Vampires, fantômes, nécrophiles, gentleman cambrioleur à la Arsène Lupin ou structures de type « Parti pour la Paix » sont constamment détournés ou réinterprétés. Les Nécrophiles anonymes et Purespace jouent avec les codes de la bit-lit, de la série télévisée et de la science-fiction, en proposant des situations où immortalité, vampirisme et invasion extraterrestre deviennent des outils pour interroger l’altérité et la communauté.
Le rapport entre technologie et magie, caractéristique du steampunk, traverse aussi une grande partie de l’œuvre. Dans Les Foulards rouges comme dans Penny Cambriole ou Les Brigades du Steam, les machines (trains, vaisseaux, horloges, prothèses) ne sont pas de simples décors : elles cristallisent les enjeux de pouvoir, de contrôle des corps et de répartition des ressources. Le motif du désert-planet prison, des villes industrielles ou des laboratoires secrets permet d’explorer les conséquences politiques et sociales de ces technologies imaginaires.
Enfin, l’ancrage géographique n’est pas anodin. Plusieurs textes, en particulier Penny Cambriole et Les Brigades du Steam, s’appuient sur des lieux français précis (Lambesc, Aix-en-Provence, Limoges), parfois réécrits dans un cadre rétrofuturiste. Cette territorialisation de la fantasy et de la science-fiction contribue à construire un imaginaire qui s’inscrit dans un paysage national reconnaissable tout en le transformant.
🧠 Style, écriture & procédés
Le style de Cécile Duquenne se caractérise par une grande lisibilité, un goût pour l’efficacité narrative et une tonalité volontiers ludique. Les phrases tendent vers la simplicité syntaxique et la vivacité, avec de nombreux dialogues qui donnent un rythme rapide aux scènes d’action. Le registre de langue oscille entre un français courant et des touches de familiarité, en phase avec des personnages souvent jeunes ou issus de milieux populaires, et l’écriture n’hésite pas à faire affleurer l’humour, l’ironie ou la réplique cinglante.
La structure sérielle est un autre trait majeur. Dans Les Foulards rouges ou Purespace, la découpe en épisodes courts, chacun construit autour d’une situation forte et d’un mini-cliffhanger, renforce la dimension addictive de la lecture. Les titres d’épisodes empruntent souvent à la culture populaire (notamment musicale), ce qui inscrit le texte dans un dialogue implicite avec d’autres supports. Les romans plus longs, comme Penny Cambriole ou Les Brigades du Steam, conservent cette dynamique par des chapitres resserrés et une progression qui ménage régulièrement des révélations ou des retournements.
Les choix de points de vue privilégient en général une focalisation interne proche des protagonistes, ce qui permet de suivre leurs doutes, leurs colères et leurs élans éthiques. Les récits n’hésitent pas à mélanger les registres – sérieux de la situation politique ou du trauma, humour, romance, horreur légère – en maintenant un ton globalement accessible et orienté vers le plaisir de l’intrigue. On retrouve ainsi des procédés récurrents de pastiche, de clin d’œil intertextuel et de mélange des genres.
🧬 Réception critique & postérité
Dans le champ francophone des littératures de l’imaginaire, Cécile Duquenne est identifiée comme l’une des voix importantes d’une génération d’autrices qui investissent le steampunk, la bit-lit, l’urban fantasy et la littérature jeunesse. Les Foulards rouges ont été régulièrement salués pour leur capacité à proposer un western-steampunk à la française, combinant aventure, humour et protagoniste féminine charismatique, et la série a bénéficié de nombreuses chroniques positives sur les blogs spécialisés et les sites de critique de genre.
Les Nécrophiles anonymes et Purespace ont trouvé leur public auprès des lectrices et lecteurs de bit-lit et de fantasy urbaine, en particulier pour leur manière de revisiter le motif du vampire et des créatures surnaturelles en y injectant humour, tonalité feuilletonesque et éléments de science-fiction. Penny Cambriole a été bien reçue dans le domaine jeunesse, plusieurs médiathèques et blogs mettant en avant son potentiel pour initier les jeunes lecteurs et lectrices au steampunk et au patrimoine littéraire (via la figure d’Arsène Lupin).
Le diptyque des Brigades du Steam, coécrit avec Étienne Barillier, a renforcé la visibilité de l’autrice dans le milieu steampunk et plus largement dans les littératures de l’imaginaire. Le second volume, Les Chiens de porcelaine, a notamment reçu un prix de libraires dans la catégorie « roman imaginaire découverte », ce qui consacre l’ensemble du projet comme une contribution significative à la vague steampunk française des années 2010–2020.
Si son œuvre n’a pas encore intégré le « canon » scolaire généraliste, elle occupe une place de plus en plus nette dans les panoramas critiques consacrés à la science-fiction, à la fantasy et surtout au steampunk francophones. Certains travaux universitaires sur l’uchronie et l’émancipation féminine mentionnent ses romans parmi les exemples d’un steampunk porté par des autrices, ce qui laisse penser que sa postérité critique pourrait se consolider à mesure que ces champs d’étude se développent.
📂 Bibliographie
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Œuvres principales (romans, cycles, jeunesse)
Les Foulards rouges, cycle de space opera et steampunk en plusieurs saisons (Bagne, Terre, Évoria), publié d’abord en feuilleton numérique puis en volumes chez Bragelonne (collection numérique puis grand format papier), à partir de 2014–2015. Le cycle suit l’itinéraire de Lara Carax, héroïne justicière issue d’une planète-prison, et explore la révolte contre un pouvoir autoritaire, la magie et la technologie.
Les Nécrophiles anonymes, cycle de bit-lit et d’urban fantasy débuté avec Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue (Voy’el, 2012, réédité ensuite en grand format chez un autre éditeur). Série centrée sur Népomucène, employé de morgue, et Bob, vampire centenaire, mêlant enquête, humour noir et exploration des marges surnaturelles de la société contemporaine.
Purespace, feuilleton puis intégrales (éditions du Petit Caveau, à partir de 2014–2015, intégrale numérique en 2017). Récit en plusieurs épisodes et saisons où Shereen, reine d’un clan de vampires européen, affronte une invasion extraterrestre visant spécifiquement les espèces surnaturelles, dans un mélange de bit-lit, de science-fiction et de feuilleton d’action.
Penny Cambriole et l’horloge à voler le temps, roman steampunk jeunesse, Rouge Safran, collection « Poivre », 2015. Héroïne adolescente en vacances à Lambesc, projetée dans un univers de labyrinthe mécanique et d’automates, où elle croise Arsène Lupin et doit récupérer ce qui lui a été dérobé.
Penny Cambriole, tome 2 : Mineurs sans âme, roman jeunesse (Rouge Safran, 2016). Suite des aventures de Penny et de ses amis dans un monde en transformation, autour d’une intrigue centrée sur l’exploitation et les « mineurs sans âme », avec un imaginaire moins directement steampunk mais dans la continuité du premier volume.
Les Brigades du Steam (avec Étienne Barillier), ActuSF, 2019. Roman steampunk d’enquête et d’espionnage situé à Aix-en-Provence en 1910, premier tome d’une série centrée sur Solange Chardon de Tonnerre et Auguste Genovesi, agents des Brigades mobiles dans une France uchronique.
Les Chiens de porcelaine (avec Étienne Barillier), ActuSF, 2022. Second volume des Brigades du Steam, qui déplace l’action à Limoges et approfondit les tensions politiques, sociales et technologiques de la France d’avant-guerre dans le même univers uchronique.
Textes non fictionnels et autres activités
Nombreuses nouvelles et récits brefs publiés dans des anthologies, des revues et des supports numériques dédiés aux littératures de l’imaginaire. Ces textes explorent, sous des formes condensées, les motifs déjà présents dans les grands cycles (créatures surnaturelles, héroïnes combattantes, cadres steampunk ou de science-fiction).
Interventions ponctuelles dans des cadres de médiation et de recherche (festivals de l’imaginaire, rencontres en médiathèques, participation à des projets universitaires sur la littérature et, parfois, sur les liens entre France et Japon), dans le prolongement de son master de traduction littéraire et de ses études en japonais. Une bibliographie détaillée de ces interventions reste à établir.
Quelques repères critiques
Les Foulards rouges, Les Nécrophiles anonymes, Purespace, Penny Cambriole et les Brigades du Steam ont donné lieu à de nombreuses chroniques sur des blogs, sites de critique et plateformes de lecture, qui insistent sur la dimension ludique et dynamique de l’écriture, sur la force des personnages féminins et sur l’efficacité du mélange des genres.
Des sélections de médiathèques et des bibliographies thématiques consacrées à l’uchronie, au steampunk ou aux littératures de l’imaginaire francophones citent régulièrement ces œuvres comme exemples contemporains accessibles. Certains travaux universitaires sur le steampunk français et l’émancipation féminine mentionnent aussi les cycles steampunk de Cécile Duquenne, mais l’inventaire complet des études critiques la concernant reste à poursuivre et à actualiser.