La Bataille invisible
Herbert de Renich, citoyen luxembourgeois, toujours amoureux d'Amalia, pourtant devenue la femme du terrible amiral allemand Von Treischke, se retrouve à bord du Vengeur, un sous marin extraordinaire, conçu pour le plaisir mais surtout pour la guerre, par un américain masqué - les États-Unis n'étant pas encore en guerre - qui, pour venger sa femme, souhaite châtier les crimes allemands et fait ainsi subir les pires tortures à ses prisonniers. Herbert se retrouve mêlé à la bataille invisible - puisqu'elle est électrique - que se livre les troupes de l'américain et des allemands autour d'un fabuleux trésor enfoui dans la baie de Vigo... Vaste fresque rendant hommage à Jules Verne, ce roman de guerre fait appel à la science-fiction pour dénoncer une fois encore les atrocités allemandes. Le thème du combat subaquatique et du trésor est repris d'un projet d'aventure de Rouletabille que Leroux a abandonné pour «entrer en guerre».
Date de publication en français
La Bataille invisible est le deuxième tome du diptyque Aventures effroyables de M. Herbert de Renich (après Le Capitaine Hyx). Le roman paraît en feuilleton vers 1917, puis en volume en 1920 chez Pierre Lafitte.
Résumé
Herbert de Renich, citoyen luxembourgeois épris d’Amalia – devenue l’épouse du redoutable amiral allemand von Treischke –, se retrouve à bord du Vengeur, un sous‑marin extraordinaire conçu par un Américain masqué. Les États‑Unis n’étant pas encore officiellement en guerre, cet ingénieur utilise son navire pour mener une croisade personnelle contre les crimes allemands. Une « bataille invisible », fondée sur des armes électriques et subaquatiques, s’engage autour d’un trésor fabuleux enfoui dans la baie de Vigo. Herbert, pris entre son amour pour Amalia, la brutalité de l’amiral et les méthodes douteuses de l’Américain, doit naviguer dans un conflit où science, vengeance et patriotisme se mêlent.
Analyse
La Bataille invisible rend hommage à Jules Verne et à la tradition du roman d’aventures maritimes, tout en l’inscrivant dans le contexte de la Première Guerre mondiale. Le sous‑marin, arme encore relativement nouvelle, devient le théâtre d’une guerre technologique où l’« invisibilité » (profondeur, électricité, invisibilité des câbles et des mines) symbolise la modernisation du conflit.
Leroux y prolonge la tonalité violemment anti‑allemande de certains de ses textes de guerre, mais complexifie le tableau en montrant aussi la cruauté du vengeur américain. La question de la légitimité de la violence – légale, clandestine, privée – traverse le roman. Par sa combinaison de science‑fiction, d’espionnage et de mélodrame, La Bataille invisible occupe une place singulière dans l’œuvre, comme tentative de penser la guerre totale à travers le prisme du feuilleton d’aventure.