Balaoo
"Quelle nouvelle épouvante faisait donc courir, ce soir, dans le couloir ordinairement désert de la rue Neuve, les pauvres gens du pays de Cerdogne ? "
Des accidents de chemin de fer inexplicables, des crimes aussi mystérieux que spectaculaires, voilà ce qui terrorise les habitants de Saint-Martin-des-bois. La nuit, barricadés dans leurs maisons, ils entendent des gémissements venant de la rue, puis une voix sourde qui prononce cette phrase énigmatique : "pitié à la maison d'homme."
Et un peu plus tard, on retrouve toujours un cadavre pendu au plafond par un être certainement doué d'une force surhumaine.
Qui est donc ce mystérieux assassin ? Pourquoi commet-il ces crimes apparemment gratuits ?
Telles étaient les questions que se posaient anxieusement, en 1911, les lecteurs du"Matin", en attendant chaque jour la suite de leur feuilleton.
Aujourd'hui encore, Gaston Leroux nous entraîne à la poursuite de "Balaoo", mystérieux homme-singe, ramené de la forêt de Bandang par monsieur Coriolis.
Après le succès d' "Un homme dans la nuit", la réédition d'un Gaston Leroux introuvable.
Date de publication en français
Balaoo paraît en feuilleton dans Je sais tout en 1911, puis en volume la même année chez Pierre Lafitte, en français.
Résumé
Dans un village du centre de la France, des événements étranges – agressions nocturnes, disparitions, bruits inhumains – sont attribués à une bête monstrueuse. On découvre qu’il s’agit de Balaoo, un singe anthropoïde élevé par le savant Coriolis, qui a tenté de le rapprocher de l’homme par l’éducation et la chirurgie. Doué de parole, capable d’imiter les comportements humains, Balaoo oscille entre fidélité à son maître et violence incontrôlée, surtout lorsqu’il est confronté au mépris et à la cruauté des hommes. L’intrigue mêle enquête policière, drame sentimental et réflexion sur les frontières entre espèces.
Analyse
Balaoo appartient au versant « merveilleux scientifique » et fantastique de l’œuvre de Leroux. En imaginant un singe presque humain, l’auteur interroge les critères de l’humanité et met en scène les peurs contemporaines liées aux théories de l’évolution et à la vivisection. Balaoo, tour à tour attendrissant et terrifiant, reflète autant la cruauté des hommes que la part d’animalité qu’ils refusent de reconnaître en eux.
Le roman joue sur les codes du récit d’horreur (bête du Gévaudan, monstre nocturne) tout en les subvertissant par une perspective empathique sur la créature. Il peut être lu comme une critique des expérimentations scientifiques sans scrupules et des hiérarchies sociales qui autorisent certaines violences. Par sa richesse d’images et son mélange de genres, Balaoo occupe une place centrale dans la dimension fantastique de Leroux.