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Kéraban-le-Têtu

Payer une taxe pour traverser le détroit de Constantinople à Scutari! On n'a jamais vu ça! Ces messieurs du nouveau gouvernement sont allés trop loin! " s'écrie le riche marchand turc Kéraban, grand défenseur des traditions.

Or, précisément, Kéraban doit se rendre de Constantinople à Scutari, et donc traverser le Bosphore.

" J'irai et je ne paierai pas ! clame Kéraban-le-Têtu.

Vous paierez ou vous n'irez pas ! " rétorque le fonctionnaire chargé de collecter la taxe.

Qu'à cela ne tienne! Kéraban n'ira pas à Scutari par le détroit, mais par la terre ferme.

C'est-à-dire en faisant le tour de la mer Noire ! Et, par Allah ! on verra qui aura le dernier mot.

Et voici que commence, pour Kéraban et son ami hollandais Van Mitten, une ahurissante aventure...

Date de publication en français

Kéraban‑le‑Têtu est publié en 1883 en français.

Résumé

Le riche négociant turc Kéraban refuse obstinément de payer une nouvelle taxe levée par le gouvernement ottoman sur le passage du Bosphore. Pour aller de la rive européenne à la rive asiatique sans franchir le détroit, il décide de faire le tour de la mer Noire par la terre, entraînant avec lui un ami hollandais, des serviteurs et divers compagnons. Le voyage les conduit à travers l’Anatolie, le Caucase, la Roumanie, la Crimée, où ils affrontent brigands, catastrophes naturelles et intrigues, tout en respectant un délai pour un mariage conditionné par leur retour à temps.

Analyse

Kéraban‑le‑Têtu est une comédie d’entêtement et une exploration des rivages de la mer Noire. Kéraban incarne une forme d’orgueil traditionnaliste, prêt à des efforts démesurés pour ne pas céder à une mesure étatique jugée injuste. Le roman offre un panorama des peuples et des paysages de cette région charnière entre Europe et Asie, à travers un regard marqué par les stéréotypes de l’époque.

L’ouvrage interroge la notion de principe : jusqu’où peut‑on aller pour ne pas transiger ? Il joue aussi sur le contraste entre modernisation (taxes, infrastructures) et attachement aux coutumes anciennes, dans un Empire ottoman en transition.

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