Auda Rolland
Rolland Auda
Nom complet : Rolland Auda
Naissance : 1972, dans les Alpes (France) ; les sources publiques confirment l’année et la région mais ne donnent pas toutes la même précision sur le lieu exact
Décès : vivant
Nationalité : française
Période d’activité : années 1990-… (publications jeunesse et ado à partir des années 2000)
Genres : roman jeunesse et ado, roman d’aventures, fantastique, uchronie, thriller, polar, récits d’épouvante
Profession(s) : enseignant en philosophie, romancier pour la jeunesse et les jeunes adultes
🌿 Biographie (synthèse)
Né en 1972 dans la région alpine française, Rolland Auda grandit dans un environnement où la musique et la culture occupent une place importante. Très tôt, il s’intéresse à la fantasy ludique et interactive, notamment aux « livres dont vous êtes le héros », en parallèle d’une pratique musicale centrée sur la batterie et les musiques populaires (be-bop, jazz manouche). Il suit des études de philosophie, discipline qu’il enseignera ensuite dans différents contextes (notamment à Grenoble, puis dans le sud de la France, autour d’Alès et de Nîmes).
Sa trajectoire adulte alterne entre l’enseignement et des projets artistiques. Il participe à des groupes musicaux, expérimente des fusions de styles (jazz manouche, influences andines et électroniques), puis commence à publier des textes de fiction. L’une de ses premières publications repérées est un récit mettant en scène un chat en quête de sagesse. Par la suite, il se consacre plus nettement à la littérature de jeunesse et ado, souvent à la croisée du fantastique, de la science-fiction et du roman d’aventures.
Ses notices biographiques récentes signalent qu’il vit et enseigne désormais la philosophie en Équateur. D’autres documents, un peu plus anciens, le situent en France (Alès, puis Nîmes) et évoquent également un séjour d’enseignement en Algérie. Il mène en parallèle des ateliers d’écriture, où il invite les participant·es à jouer avec les mots et à élaborer des « fictions philosophiques ». L’ensemble de ce parcours dessine la figure d’un auteur-enseignant qui circule entre pays et continents, et qui transpose dans ses fictions ses curiosités pour la philosophie, la musique, les marges géographiques et les mondes possibles.
📚 Romans et récits longs
L’essentiel de l’œuvre de Rolland Auda est constitué de romans destinés à la jeunesse et aux adolescents, publiés principalement chez Sarbacane (collections Exprim’ et Pépix) puis chez Casterman (collection « Hanté »). Plusieurs titres se détachent comme jalons importants.
Gringo Shaman (Sarbacane, coll. Exprim’, 2008) met en scène un adolescent français qui, après le bac, part en Équateur. Le roman croise le récit initiatique, l’écologie et un imaginaire onirique lié aux pratiques chamaniques. La situation de départ – un jeune en quête de sens qui quitte la France pour l’Amérique latine – permet à l’auteur d’explorer les thématiques de l’exil volontaire, du rapport à la nature et de la rencontre avec d’autres systèmes symboliques.
Le Dévastateur (Sarbacane, coll. Exprim’, 2011) est souvent présenté comme un tournant : roman de genre urbain et débridé, il déroule une intrigue mêlant meurtres d’enfants des rues, guerre de gangs et cirque médiatique autour d’un mariage hautement médiatisé. L’ouvrage met en avant une galerie de personnages atypiques : un justicier masqué proche de la figure du catcheur, un journaliste criminologue accompagné d’un hérisson, un couple de stars déjantées, et Diego, douze ans, membre d’un gang et locuteur d’un argot composite. Le texte joue avec la mise en page (calligrammes, vignettes, fac-similés manuscrits), comme si la forme elle-même participait de la tension entre chaos urbain et désir de justice.
L’équipée volage (Sarbacane, coll. Exprim’, 2013) est une uchronie maritime et steampunk destinée aux adolescents. Le point de divergence historique est l’échec de Christophe Colomb à atteindre l’Amérique, conséquence d’une Brume Noire qui transforme la géopolitique mondiale : un empire incaztèque domine la planète, la magie supplante la science, l’Europe est devenue un archipel de cités semi-submergées. En 1905, un équipage de piratesses commandé par Barbe-Marie et Rejji, à bord du Faste & Furieux, part à la recherche de l’île mythique Isocélie. Le roman s’illustre par son foisonnement d’inventions, ses monstres marins, ses tribus étranges, son mélange de personnages originaux et de figures empruntées à la littérature (Conan Doyle, Gaston Leroux, Sherlock Holmes, Rouletabille). L’enjeu central est la quête d’un lieu utopique et la remise en jeu des rapports de domination historique.
Lola et la machine à laver le temps (Sarbacane, coll. Pépix, 2016) marque l’entrée de l’auteur en littérature jeunesse pour un public plus jeune (dès 8 ans). On y suit Lola, 10 ans, orpheline de mère, qui vit avec son père inventeur et sa grand-mère. Enlevée par deux agents secrets burlesques, elle est propulsée dans une « machine à laver le temps » et renvoyée en 1982, à l’époque où son père a son âge. Pour revenir à son présent, elle doit l’aider à achever son invention tout en déjouant les plans de ses ravisseurs. Le roman joue avec les codes du voyage temporel, du récit familial et de la comédie, et interroge avec légèreté les liens entre générations.
Le Gouffre (Sarbacane, coll. Exprim’, 2018) s’adresse à un lectorat ado plus âgé. Saïd, passionné de spéléologie, se rend en hiver dans le village de Maleroque, dans les Alpes, pour séjourner dans la maison de son grand-père récemment décédé, un écrivain célèbre surnommé « Jean des loups ». Très vite, le jeune héros découvre que les forces obscures qui hantent les romans de son grand-père semblent aussi travailler la réalité du village, au cœur d’une « tectonique des mondes obscurs ». Le roman mêle enquête familiale, fantastique montagnard, plongée souterraine et réflexion sur la transmission.
Les Picapoches : À l’assaut des mØmbres vaudous (Sarbacane, 2021) s’adresse à des lecteurs de fin de primaire / début collège. Cinq élèves de sixième, surnommés les Picapoches, affrontent un antagoniste qui cherche à envoûter la population via des pratiques vaudou. Le récit repose sur un groupe soudé d’adolescents, des éléments fantastiques et une tonalité volontiers humoristique.
Hanté – L’amie du sous-sol (Casterman, coll. « Hanté », 2020, nouvelle édition en 2024) inaugure la contribution de l’auteur à une série d’épouvante pour la jeunesse. Létho, collégien, s’inquiète de l’absence prolongée de son amie Alma ; lorsqu’il la retrouve, elle est malade et persuadée d’être hantée par un esprit qui vient du sous-sol d’une miroiterie abandonnée. En descendant sous terre pour la sauver, Létho se confronte à un dispositif horrifique resserré : espace clos, rumeur de fantômes, mise en danger progressive.
Hanté – La Vallée fantôme (Casterman, coll. « Hanté », 2022) prolonge cette veine : un décor isolé et inquiétant, une menace surnaturelle diffuse, des adolescents confrontés à leurs peurs. Ces titres confirment la capacité de Rolland Auda à se couler dans des formats plus courts et plus codés, tout en conservant son goût pour les ambiances décalées.
Cette liste n’épuise pas l’ensemble de sa production, mais elle rassemble les ouvrages qui structurent le mieux son parcours, des romans Exprim’ aux récits horrifiques récents.
🧩 Nouvelles, récits brefs, essais, journaux et correspondances
À ce jour, l’essentiel de la visibilité de Rolland Auda repose sur ses romans jeunesse et ado. Les sources publiques se concentrent sur ces titres et font peu état de recueils de nouvelles, d’essais théoriques ou de journaux personnels publiés de manière autonome.
On trouve cependant quelques indices d’écrits plus courts : participation à des projets collectifs, textes de présentation ou contributions à des dossiers autour de la littérature jeunesse et de l’uchronie. Sa pratique d’animateur d’ateliers d’écriture suggère également une réflexion sur la narration et sur les usages pédagogiques de la fiction, mais ces dimensions demeurent pour l’instant dispersées dans des documents de médiation (fiches d’éditeurs, programmes de salons, dossiers pédagogiques) plutôt que dans des ouvrages théoriques signés de son nom.
En l’état des informations disponibles, on peut considérer que le cœur de son œuvre publié relève bien du roman et du récit long, avec des variations de public (dès 8 ans jusqu’aux adolescents) et de sous-genres (récit initiatique, thriller urbain, uchronie, horreur).
🎭 Thèmes, motifs et imaginaire
Plusieurs grands ensembles thématiques traversent les livres de Rolland Auda.
Un premier noyau touche à la quête d’identité et au passage à l’âge adulte. Dans Gringo Shaman, un jeune bachelier sans projet clair part chercher une forme de vérité intérieure en Équateur ; dans Le Dévastateur et L’équipée volage, des adolescents et jeunes adultes naviguent dans des univers violents et instables où ils doivent se construire une position éthique ; dans Le Gouffre, Saïd affronte l’héritage d’un grand-père écrivain et la dimension obscure de la lignée.
Un deuxième bloc concerne les frontières – géographiques, culturelles ou temporelles. L’auteur affectionne les espaces de passage : traversée de l’Atlantique dans une uchronie maritime, villages alpins isolés, vallées fantomatiques, miroiterie abandonnée, cabanes d’inventeurs, machines à voyager dans le temps. Ces lieux liminaires servent de décors à des rencontres entre mondes (France / Amérique latine, présent / passé, réalité / surnaturel).
La présence du fantastique, de l’horreur et de l’uchronie constitue un autre trait fort. Zombies, fantômes, monstres marins, entités obscures, Brume Noire, brèches entre les plans de réalité ou dérives de l’histoire structurent l’imaginaire de ses textes. Ce recours aux « mauvais genres » – science-fiction, steampunk, thriller, fantastique – est assumé par l’auteur, qui les détourne vers des objectifs à la fois ludiques et réflexifs.
Enfin, ses romans donnent une place marquée à l’humour et au décalage. Jeux de mots, personnages extravagants, situations excessives, détournements de clichés de la culture populaire et références intertextuelles abondent. Même dans les récits plus sombres (horreur, romans d’Exprim’), cette veine comique vient fissurer le sérieux des situations et proposer une forme de résistance par le rire.
🧠 Style, écriture & procédés
Les commentateurs insistent sur le caractère foisonnant et jubilatoire de l’écriture de Rolland Auda. Sa langue mêle registres : argot adolescent, verlan, régionalismes (parfois occitan), vocabulaire technique ou pseudo-scientifique, clins d’œil érudits. Dans Le Dévastateur, on relève l’invention d’un sabir composite, le « Quinche », qui combine occitan, verlan et anglais, et donne une texture linguistique singulière aux dialogues. Cette créativité lexicale participe à l’ancrage social des personnages autant qu’à l’humour du texte.
Sur le plan narratif, plusieurs de ses romans s’autorisent des structures éclatées : nombreuses sous-intrigues, changements rapides de focalisation, alternance de scènes d’action et de passages plus réflexifs. L’équipée volage, par exemple, multiplie les péripéties au point que certains lecteurs perçoivent l’intrigue comme confuse, tandis que d’autres y voient un jeu assumé avec les codes du récit d’aventures.
L’auteur aime également jouer avec la matérialité du livre : insertion de calligrammes, de vignettes proches de la bande dessinée, de fac-similés manuscrits ou de typographies spécifiques. Ces procédés, très visibles dans Le Dévastateur, s’inscrivent dans un geste plus large de hybridation entre roman, BD et objet graphique.
Dans ses textes plus jeunesse (Lola et la machine à laver le temps, Les Picapoches, collection « Hanté »), le style se fait plus direct, avec une syntaxe claire et une forte oralité. Les phrases restent souvent courtes, rythmées, propices à la lecture à voix haute, mais conservent un goût pour le jeu de langue et le clin d’œil complice au lecteur.
🧬 Réception critique & postérité
Les romans de Rolland Auda bénéficient d’une bonne visibilité dans le champ de la littérature jeunesse francophone, sans pour autant occuper une place centrale dans le canon scolaire ou universitaire. Ses ouvrages paraissent dans des collections reconnues (Exprim’, Pépix, Hanté), sont repérés par la presse spécialisée, les bibliothèques et les blogs de littératures de l’imaginaire. Certains titres ont été sélectionnés ou commentés dans le cadre de prix consacrés à l’uchronie ou au roman ado.
Gringo Shaman et Le Dévastateur ont contribué à installer son nom auprès d’un public d’ados amateurs de récits hybrides, mêlant thriller, critique sociale et expérimentations formelles. L’équipée volage a marqué les lecteurs par son exubérance et son univers uchronique baroque, tout en suscitant des réserves sur la clarté de l’intrigue. Lola et la machine à laver le temps a rencontré un public plus large et durable, devenant un titre repéré dans les rayons jeunesse et dans des sélections de bibliothèques, ce qui a renforcé le profil de l’auteur dans la tranche 8–12 ans.
Les romans d’horreur parus chez Casterman, dans la collection « Hanté », participent de la diffusion de son nom auprès de nouvelles générations de lecteurs, dans un segment éditorial très dynamique (épouvante accessible, formats courts, collections thématiques). À ce stade, les études universitaires spécifiquement consacrées à son œuvre semblent encore rares ; sa réception est surtout portée par les médiateurs du livre (bibliothécaires, enseignants, libraires, blogueurs), qui soulignent l’inventivité, le sens du rythme et l’art de jouer avec les codes des genres populaires.
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📂 Bibliographie
Œuvres principales (sélection)
Gringo Shaman, roman ado, Paris, Sarbacane, coll. « Exprim’ », 2008.
Le Dévastateur, roman ado, Paris, Sarbacane, coll. « Exprim’ », 2011.
L’équipée volage, roman uchronique ado, Paris, Sarbacane, coll. « Exprim’ », 2013.
Lola et la machine à laver le temps, roman jeunesse, Paris, Sarbacane, coll. « Pépix », 2016.
Le Gouffre, roman ado, Paris, Sarbacane, coll. « Exprim’ », 2018.
Les Picapoches : À l’assaut des mØmbres vaudous, roman jeunesse, Paris, Sarbacane, 2021.
Hanté – L’amie du sous-sol, roman d’épouvante jeunesse, Bruxelles, Casterman, coll. « Hanté », 2020 ; nouvelle édition augmentée / réactualisée en 2024.
Hanté – La Vallée fantôme, roman d’épouvante jeunesse, Bruxelles, Casterman, coll. « Hanté », 2022.
Textes non fictionnels (repères)
Les notices de l’éditeur et les dossiers de présentation de festivals du livre mentionnent l’animation régulière d’ateliers d’écriture et de « fictions philosophiques », mais sans renvoyer à des ouvrages théoriques autonomes. À ce jour, aucune publication importante de type essai, manifeste ou recueil de textes non fictionnels signés de Rolland Auda n’apparaît dans les principales bases consultées ; il est possible que des contributions ponctuelles existent dans des revues, actes ou supports pédagogiques, qui restent à identifier plus précisément.
Repères critiques et contextuels (sélection)
Critiques de Gringo Shaman, Le Dévastateur, L’équipée volage, Le Gouffre et Lola et la machine à laver le temps dans la presse jeunesse, les blogs de littératures de l’imaginaire et les supports des médiathèques (dossiers de nouveautés, sélections thématiques, prix littéraires).
Notices biographiques et bibliographiques sur les sites de maisons d’édition (notamment Sarbacane et Casterman) et de diffusion (librairies, plateformes de recommandations, sites de médiation jeunesse).
Dossiers et sélections thématiques sur l’uchronie, la littérature ado de genre et le roman d’horreur jeunesse, qui citent fréquemment Le Dévastateur, L’équipée volage, Le Gouffre, Lola et la machine à laver le temps ou les titres de la collection « Hanté » comme exemples d’une écriture ludique et inventive adressée aux jeunes lecteurs.
Certaines informations (lieu de naissance précis, chronologie détaillée des déplacements professionnels, éventuelles publications théoriques) restent incomplètes ou contradictoires dans les sources accessibles. Elles pourront être précisées ultérieurement à partir d’entretiens, de dossiers complets d’éditeurs ou d’études critiques dédiées à l’auteur.